N'oubliez pas l'avortement !

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N’oubliez pas l’avortement !


lanef.net, octobre 2013

Les interruptions volontaires de grossesse en 2011 {GIF}Dans une indifférence quasi générale, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a rendu publics cet été les derniers chiffres sur l’« interruption volontaire de grossesse » en France (1). Sans surprise, on y apprend que le nombre d’avortements reste l’un des plus élevés des États européens avec 222 500 IVG réalisées en 2011. Les auteurs peinent une nouvelle fois à interpréter ces statistiques : « Le nombre d’IVG, y compris chez les plus jeunes, ne s’explique pas par un défaut de couverture contraceptive » (p. 3). Et pour cause, selon le dernier Baromètre Santé du ministère de la santé, 91 % des Françaises « sexuellement actives » utilisent une méthode contraceptive tandis que plus d’un million de pilules du lendemain et du surlendemain – dont le mécanisme antinidatoire équivaut à un avortement précoce de l’embryon – ont été vendues en 2011.Comment rendre compte de ces « mauvais résultats » ? Depuis la loi Neuwirth de 1967 libéralisant l’usage de la pilule s’est instaurée l’idée qu’existait un « devoir contraceptif » auquel toute femme « en âge de procréer » doit se soumettre systématiquement. La vente libre en officine de la pilule du lendemain depuis le début des années 2000, en cas d’oubli ou défaut d’usage de la contraception habituelle, a renforcé cette idée d’un contrôle social sur la sexualité féminine. En cas de grossesse « non prévue », les femmes éprouvent le sentiment d’avoir transgressé une « norme contraceptive ». Elles font alors massivement le choix de l’avortement comme rattrapage a posteriori pour respecter la « contrainte procréative » selon laquelle l’enfant conçu, pour être « gardé », doit être désiré et programmé dans un projet parental explicite (2).

Seconde information capitale du rapport de la Drees, la part prise par la technique abortive dite « médicamenteuse » (par RU-486) qui représente dorénavant 55 % de l’ensemble des IVG. 13 % des avortements sont même exécutés selon cette procédure en cabinet libéral (chez le gynécologue et le généraliste) sans que la femme soit obligée d’être hospitalisée, un chiffre considérable qui montre que l’« avortement à domicile » est en train de se banaliser à toute allure.

Devant cet état des lieux dramatique et l’urgence des dossiers qui nous attendent sur d’autres fronts (euthanasie, PMA homosexuelle ou intrusion de la « théorie du genre » à tous les niveaux de la société), la tentation est grande chez les défenseurs de la vie humaine de ne plus savoir comment aborder la question spécifique de l’avortement, voire de la laisser en suspens. Le magistère de Benoît XVI pourrait nous aider à repositionner le problème tout en nous donnant des pistes d’engagement. À chaque fois qu’il en a eu l’occasion, le pape Ratzinger s’est présenté comme l’avocat résolu de l’enfant à naître devant les grands de ce monde. À d’innombrables reprises, singulièrement devant les autorités diplomatiques, politiques, économiques ou culturelles, il a pris fait et cause pour la protection des enfants dans le sein de leur mère en soulevant la gravité morale de l’avortement, l’abus du législateur qui outrepasse son pouvoir en rendant sa pratique légale ou le caractère douloureux de ses conséquences sur la société, la famille et, au premier chef, la mère de l’enfant. Ainsi n’a-t-il pas craint de redire en 2007, dans un discours adressé à des responsables européens réunis à Vienne lors de son voyage en Autriche que l’« avortement ne peut être un droit humain – il est son contraire ». Ce propos courageux et ferme nous semble extrêmement important pour ne pas oublier que nous devons viser ultimement, quel que soit le temps que cela prendra, la remise en cause d’une législation qui sera toujours foncièrement illégitime.

Conjointement à ce rappel « politique » fort, Benoît XVI n’a cessé de développer des perspectives pastorales qui à notre sens n’ont pas reçu l’écho qu’elles auraient mérité. Enparticulier s’est-il penché à deux reprises sur le « syndrome post-abortif » pour dénoncer l’« espèce de conjuration de silence » dont la société l’entoure (3). Le pape émérite voit dans le traumatisme post-avortement, qu’il qualifie de « drame moral et existentiel […] laissant des marques profondes sur la femme qui l’accomplit et les personnes qui l’entourent », comme un écho divin où le Créateur vient « à travers la voix de la conscience de la personne lui parler afin qu’elle s’ouvre à la Miséricorde divine capable de guérir toute blessure ». En ce sens, Benoît XVI insiste sur le fait que « l’Évangile de la Vie est toujours également Évangile de la Miséricorde » et que la « solidarité de la communauté chrétienne au niveau diocésain ou de la part d’organismes de bénévolat » doit être en mesure d’offrir « un soutien psychologique et spirituel pour une récupération humaine complète des personnes blessées par le drame de l’avortement ». Benoît XVI fait même de cet accompagnement l’un des « éléments essentiels de l’édification de la civilisation de l’amour » et l’une des priorités incontournables des « fidèles du Christ » (4).
P.-O. A.(1) Drees, « Les interruptions volontaires de grossesse en 2011 », n. 843, juin 2013. (2) Sur la notion de « norme contraceptive », cf. Revue française des affaires sociales, « L’interruption volontaire de grossesse », La documentation française, 2011, p. 52. (3) Benoît XVI, Discours à l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, 5 avril 2008 et Discours à l’Académie pontificale pour la Vie, 26 février 2011. (4) Pour répondre à l’appel de Benoît XVI, cf. en particulier http://www.meredemisericorde.org/.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
octobre 6th, 2013

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