Pour Mgr Guy de Kerimel, « Proclamer le droit à l’avortement, c’est défendre une vision erronée de l’amour humain »

Contactez-nous


Trouvez votre antenne régionale

ou appelez-nous au 0800 746 966

Pour Mgr Guy de Kerimel, « Proclamer le droit à l’avortement, c’est défendre une vision erronée de l’amour humain »


la-croix.com, 8/11/13
Président du groupe de travail mis en place par les évêques sur le phénomène social de l’avortement, l’évêque de Grenoble estime que l’Église catholique ne « doit pas se laisser enfermer » dans une posture de condamnation.

Pourquoi les évêques réunis à Lourdes ont-ils décidé de travailler sur le « phénomène social de l’avortement » ?

Mgr Guy de Kerimel : Pour les évêques, l’avortement constitue un sujet douloureux, car ce phénomène révèle une blessure sociale, qui recouvre de nombreuses souffrances. Nous ne savions pas trop comment aborder le sujet sans délivrer uniquement un discours de condamnation. S’il est clair que l’Église catholique est opposée à l’avortement, il s’agit de porter un regard objectif sur la situation, tout en donnant une parole d’espérance et d’encouragement aux personnes en détresse. Il a fallu du temps et une certaine maturation pour que nous décidions, il y a un an, d’aborder sereinement ce sujet entre évêques.

Quel est l’objectif de votre groupe de travail ?

Mgr G. de K. : Il s’agit de prendre, entre évêques, les moyens d’une vraie réflexion qui puisse éclairer nos actions pastorales. Au-delà des statistiques, nous essayons d’examiner l’évolution des mentalités. Aujourd’hui, par exemple, la naissance d’un enfant ne peut être que programmée et l’arrivée d’un bébé en dehors de cette programmation est vécue comme une grande violence par les familles. Nous voulons aussi comprendre la croissance forte du nombre d’avortements chez les adolescentes. Que révèle-t-elle d’un certain éclatement de la société ?

Une fois ce constat posé, nous devons réfléchir à la manière dont nous accompagnons les femmes vivant le traumatisme de l’avortement, comment nous éduquons aussi les jeunes à la beauté de l’amour humain et à son respect.

Dans le rapport qu’il a remis hier à la ministre des droits des femmes, le Haut Conseil à l’égalité insiste sur le fait que l’avortement est un droit, dont l’État doit assurer le respect. Comment réagissez-vous ?

Mgr G. de K. : En quelques années, nous sommes passés de la dépénalisation à l’affirmation d’un droit. Or, je ne suis pas sûr que les femmes qui avortent et le vivent toujours dans la douleur le perçoivent d’abord comme un droit. Proclamer le droit à l’avortement, c’est défendre une vision erronée de l’amour humain, une conception schizophrénique du corps qui dissocie sexualité et fécondité.

Tout le monde s’accorde pour reconnaître une grande fragilisation du tissu social, depuis un certain nombre d’années ; ne faut-il pas revoir la conception de l’homme que véhicule notre culture ? Or, l’Église catholique présente une tout autre anthropologie, totalement intégrée, que nous devons promouvoir. Il nous faut redire la beauté de l’amour humain dans une société qui semble avoir peur de la vie naissante. Car nous ne devons pas nous laisser enfermer dans une posture négative, dans le seul « non » à l’avortement.

C’est-à-dire ?

Mgr G. de K. : La seule condamnation ne suffit pas, nous devons être présents aux personnes en souffrance et porter un message d’espérance. D’autant que l’Église ne juge pas les femmes qui avortent. Pour être fidèle à une démarche chrétienne, elle doit être attentive à la détresse de celles qui sont poussées à ce choix, réfléchir à l’aide et à l’écoute qu’elle leur propose. Ce sera la deuxième étape de notre groupe de travail.

Les commentaires sont fermés

0 Commentaires

Publié par:
Benoit

Publié sur:
novembre 9th, 2013

Publié dans: