"L'insomnie, ces nuits ignobles, c'est une non-vie"

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« L’insomnie, ces nuits ignobles, c’est une non-vie »


tempsreel.nouvelobs.com, 22/05/2014

 Caroline Barbera/PictureTank)« … Et puis ces deux avortements l’année de mes 21 ans, dont je n’ai pas mesuré les conséquences à long terme, psychologiques et physiologiques. Après, je ne pouvais plus avoir d’enfant…. »« Je suis insomniaque depuis trente ans, dans le cheptel de ‘l’insomnie sévère’ – c’est comme ça que disent les médecins. Quand je dors, car les insomniaques dorment un minimum évidemment, c’est un sommeil sans qualités. Vous ne vivez plus. C’est une forme de non-vie. Il n’y a plus de joie. L’insomnie est un mal-être, vous ne pouvez plus avancer. Quand on ne dort pas, on va excessivement loin, jusqu’à ne plus avoir envie de rien.

Tout me parait difficile. Je ne peux même pas me lever la nuit ; j’attends ce sommeil qui ne vient pas en regardant la télé dans mon lit. Je cogite. Et quand vous cogitez la nuit, c’est une horreur, tout est noir. C’est bizarre de penser la nuit. Tout devient un problème, on remet tout en question, on s’inquiète. Il y a des périodes où ça s’adoucit, on y croit. Et puis à nouveau, ce sont des nuits ignobles, à ne pas  dormir plus d’une heure, à tourner, ressasser, avoir mal partout et se dire : ‘Je m’en sortirai pas.’

« Ma mère était insomniaque »

L‘insomnie prolongée a forcément quelque chose à voir avec l’état dépressif. Mon  arrière-grand mère était mélancolique (c’est comme ça qu’on appelait autrefois la dépression, NDLR). Une soeur de ma grand- mère vivait en hôpital psychiatrique. Ma mère était insomniaque. Peut-être suis-je porteuse d’une hérédité familiale, je ne sais pas, tout ce que je sais c’est que mes nuits blanches ont commencé quand j’avais 27 ans. C’est comme si d’un seul coup, cette année-là, j’avais été rattrapée par le passé : le divorce de mes parents quand j‘étais très petite, la froideur de ma mère qui nous a placées dans un centre quelques années, ma sœur et moi. Et puis ces deux avortements l’année de mes 21 ans, dont je n’ai pas mesuré les conséquences à long terme, psychologiques et physiologiques. Après, je ne pouvais plus avoir d’enfant.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
mai 27th, 2014

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