Petite momie, grande leçon

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Petite momie, grande leçon


riposte-catholique, 27 mai 2014
mummy2-1S’opposer à l’avortement est-il « rétrograde » ? Avant de se laisser enfermer dans ce genre de catégories, ne vaut-il pas mieux dire que s’opposer à l’avortement, c’est défendre la vie ?

Alors, défendre la vie est-il rétrograde ?

C’est la question qui est venue à l’esprit de Hilary White de LifeSiteNews lorsqu’un ami athée lui a dit alors qu’elle partait pour devenir correspondante du site pro-vie à Rome, combien il trouvait dommage – en la félicitant, d’ailleurs, pour le sérieux de son engagement – que ce soit pour une cause si rétrograde.

Je lui emprunte l’illustration de sa petite parabole, tant elle est bouleversante.

Il s’agit d’un minuscule sarcophage, arrivé parmi les objets de la collection égyptienne de l’Université de Swansea au Pays de Galles en 1971, sans que les curateurs aient pu savoir à quand remontait l’excavation. La « momie W1013 » continuait de garder son mystère, les premières analyses aux rayons X ne permettant pas de voir ce que pouvaient bien contenir les bandelettes – sinon qu’il s’agissait sans doute d’un tout petit enfant.

Ce n’est qu’au début du mois qu’ont été publiés les résultats d’une tomodensitométrie qui a permis de révéler le véritable contenu des bandelettes – confirmant du même coup l’authenticité de l’objet qui était, jusque-là, douteuse. D’une facture et d’une décoration très colorée faisant penser au style de la 26e dynastie, vers 600 av. J.-C., le caractère incompréhensible des hiéroglyphes avait conduit à juger que l’objet était l’œuvre d’un faussaire du XIXe siècle.

Voici ce que révèle l’étude menée par la chercheuse Paola Griffiths du Clinical Imaging College of Medicine : la momie contient un bourrage de bandelettes de lin qui enveloppent une zone sombre de quelque 5 cm de long, où l’on voit un fœtus avec sa poche placentaire, en position fœtale. On pense aussi avoir identifié le fémur du tout petit d’homme. Il s’agirait d’un enfant à naître âgé de 12 à 16 semaines…

Délicatement placées parmi les linges qui enveloppent le petit corps, une amulette et des rangées de perles ou d’autres objets. La décoration du sarcophage, avec une dominante rouge-brune et une perruque jaune et bleue, couleurs généralement réservées aux hommes, semble indiquer qu’il s’agit d’un petit garçon, mais le scan ne permet pas de le vérifier.

Pour Carolyn Graves-Brown, curateur de la collection, le soin et l’attention avec lesquels les restes mortels de ce petit enfant ont été conservés indiquent que « le probable fœtus de W1013 représentait une perte irrémédiable pour quelqu’un ; il a été l’occasion d’une grande douleur et d’un deuil public ».

 

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La momification de tout petits enfants et même de fœtus dans l’Egypte pharaonique n’était pas inconnue – deux sarcophages contenant des fœtus ont été retrouvés dans le tombeau de Toutankhamon – ce qui rend compte de l’importance que revêtaient dans cette culture les morts précoces et même les fausses couches.

De quoi être aujourd’hui en joie, commente Hilary White. « Voici un signe décidément indestructible de l’amour d’une mère, si éloigné de nos absurdes expressions : “amas de cellules”, “produit de la conception” ; si éloigné de notre insensibilité moderne. »

« Depuis quand la volonté de protéger les enfants est-elle devenue “rétrograde” ? », s’interroge-t-elle. « Comment notre société a-t-elle basculé de la certitude que les enfants sont un bien, une bénédiction, pour tomber dans l’idée qu’ils sont une menace et une gêne ? Et si cette vieille idée est rétrograde, jusqu’où devons-nous remonter dans pour le trouver dans le monde, bien avant le christianisme encore ? »

Et de réfléchir à la manière dont les Romains méprisaient la vie et la famille. Ce sont les chrétiens qui ont combattu l’infanticide, enterrant avec soin les enfants « exposés » :  les enfants non désirés, non conformes. C’est avec l’avancée du christianisme que le divorce facile, les combats dans l’arène, la prostitution « sacrée » et pour finir l’esclavage ont été défaits. Les Egyptiens, et leur civilisation plus ancienne, avaient pour la vie une autre « révérence », note Hilary White : en enterrant avec respect jusqu’aux enfants à naître, ils montraient que même ceux-ci étaient voués à la vie d’après la mort, et rien n’indique qu’ils aient pratiqué le sacrifice d’enfants si répandu dans les temps anciens.

Le respect de la vie n’est pas en soi une notion « rétrograde », elle est un signe de civilisation qui se rencontre à certaines époques reculées et qui disparaît à d’autres. Le « progrès » n’existe pas en soi ; notre époque a choisi le modèle de bien des pratiques barbares de jadis.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
juin 1st, 2014

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