« No abortion, no contraception », m’avait murmuré Mère Teresa

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« No abortion, no contraception », m’avait murmuré Mère Teresa


bvoltaire.fr, 22/06/2014
A Varsovie ces derniers jours, plus de 3000 médecins et étudiants en médecine polonais se sont engagés à refuser la pratique de l’avortement, de l’insémination artificielle, et la prescription d’ordonnances médicales de contraceptifs.

Actuellement, nous avons à notre disposition tous les moyens pour éviter le fruit des amours illicites, ou les grossesses intempestives, et revendiquer le droit à l’enfant, quand la nature nous le refuse. Ces moyens, qui auraient dû faire l’objet d’études prudentes, ont été imposés au public, après avoir été soumis à l’approbation du gouvernement, en 67 pour la contraception, en 74 pour l’avortement, et en 2004 pour les PMA.

Pourtant ces mesures à l’époque n’étaient pas concevables. Les gynécologues étaient très réticents, car ils devenaient le bras armé de ces mesures qui étaient contraires à leur déontologie : ils ont été priés de respecter la loi. Il en était de même pour les juristes, conscients du bouleversement que ces mesures entraîneraient dans le Droit Civil : ils ont été ignorés. Les psychiatres dénonçaient les traumatismes que ces mesures provoqueraient : on les a bâillonnés. Quant aux familles naturelles, surtout les familles nombreuses, elles se sentaient désavouées par cette nouvelle société : elles ont été lésées. On naviguait vent debout.

Mais depuis l’année dernière le vent a tourné, et cette petite brise qui souffle de Pologne semble être pour nous un vent portant, qu’il faut savoir prendre pour avancer plus vite sur l’océan où s’abattent depuis des décennies ces tempêtes « sociétales ».

Cet engagement est donc une bonne nouvelle, et le nombre des signataires est impressionnant. S’il s’agit de gynécologues, je reste muette d’admiration : nous en aurions 300 en France, ou même 30, nous serions sauvés. En effet, la spécialité chez nous est tombée dans un piège à loups, et il est difficile d’écarter les mâchoires de fer qui la broient. Bravo donc pour la Pologne, et pour ces médecins qui proclament courageusement leur foi et leur attachement à une médecine hippocratique. C’est la décision que j’avais prise en 1974, quand j’avais ouvert une consultation de gynécologie-obstétrique : « no abortion, no contraception » m’avait murmuré Mère Teresa quand je m’étais présentée à elle dans une rencontre furtive, mais inoubliable.

Peut-on parler d’objection de conscience ? Bien sûr. Ce n’était pas une décision purement intellectuelle, ni le fruit d’un militantisme enthousiaste. L’objection de conscience est incoercible, tout l’être y participe, même le corps, qui ne ment jamais. J’avoue que lorsque j’évoque le drame de l’avortement, j’ai un réflexe nauséeux, suivi d’une crise de cafard qui met quelque temps à s’estomper. Pour la pilule, c’est mon estomac qui se hérisse d’indignation, car elle est est née d’un mensonge éhonté. Mensonge, car elle promet le bonheur, oubliant de parler de l’amour vrai ; elle promet la libération, qui tourne très vite à l’esclavage. Mensonge sur son innocuité surtout, car la pilule provoque des dégâts effarants (voir le site de l’AVEP, créé en 2012 par un père de famille qui a perdu sa fille de 17 ans).

Cet engagement des médecins est donc formidable, mais tout engagement doit être tenu, il faut qu’il s’inscrive dans la durée. Mille raisons pourront provoquer une rupture de contrat avec soi-même. Toute fidélité doit passer par une épreuve. Maintenant que je suis à la retraite, je peux dire que c’est « faisable », et que je n’ai jamais regretté cette décision, même si ça n’a pas été facile, surtout au début. J’ai beaucoup appris de mes patientes, qui m’aidaient au fil des années à corriger mes a priori et mes gaffes.

Évidemment, j’ai commencé avec une vieille 2 CV que mes parents m’avaient laissée, et terminé… en bicyclette. Mais l’essentiel est de rester libre et heureux.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
juin 28th, 2014

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