Le Secrétaire général lance une campagne en faveur de l’IVG dans les zones de conflit

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Le Secrétaire général lance une campagne en faveur de l’IVG dans les zones de conflit


c-fam, 01/08/2014
Ban Ki-moonNEW YORK, 1er août (C-FAM) Le Secrétaire général de l’Onu s’est aventuré en territoire périlleux le mois dernier, lorsqu’il a demandé au personnel de l’Onu qui travaille en zones sorties d’un conflit de militer en faveur des réformes des législations sur l’IVG.Les femmes devraient avoir le « choix d’obtenir une avortement sans danger, et légal », affirme une directive publiée par le Secrétaire général. La note aborde la question des réparations des dommages subis par les victimes de viol en zones de conflit, et considère que l’avortement est nécessaire à la prévention de la violence sexuelle à venir, entre autres politiques controversées. Le but de l’article est de fournir des « lignes de conduite pour les politiques d’engagement des Nations Unies » dans les zones de conflits. Il a été préparé par le bureau des nations Unies et ONUfemmes.

Alors que les lignes de conduites ne parviennent pas à qualifier l’avortement de droit de réparation, ou à dire que les Etats ont l’obligation en droit humanitaire de permettre aux enfants à naître d’être avortés, elles encouragent les militants de l’IVG à instrumentaliser les zones de conflit pour faire réformer les législations sur l’IVG avec le soutien des hauts fonctionnaires de l’Onu.

Le document est bref et passe certains détails trop rapidement. Par exemple, le lien entre la légalisation de l’avortement et la prévention de la violence sexuelle n’est pas expliqué. Cela est d’autant plus troublant que les rapports sont utilisés pour cacher les abus sexuels et le trafic sexuel, même aux Etats-Unis. Par ailleurs, il passe outre les risques liés à l’introduction de l’IVG médicale et chirurgicale dans les zones qui sortent de conflit, en manque d’infrastructure, de soins de santé, sans eau et système sanitaire de base, qui ferait encourir aux femmes des risques d’infection et autres complications.

Le droit à l’avortement est une question polémique. Cette conception implique qu’une personne humaine a le droit d’en détruire une autre. Il y a donc une tension inhérente dans la ligne de conduite, qui condamne l’avortement forcé alors qu’elle considère les enfants conçus et nés suite à un viol comme victimes de la violence sexuelle.

Le Secrétaire général n’a pas fait référence aux traités internationaux, ni aux résolutions de l’ONU qui confortent son positionnement à propos de l’IVG. Les droits de l’homme et le droit humanitaire sont silencieux sur la question de l’IVG. Le seul argument d’autorité mentionné dans cette ligne de conduite, est une opinion non contraignante des experts de l’Onu du Comité CEDAW, dont la crédibilité est compromise.

La valeur de la directive n’est pas bien grande sur l’échelle normative de l’Onu, puisqu’elle n’est pas contraignante. Elle n’a pas été rédigé suite à un mandat spécifique, et n’a pas été commandée par les Etats membres. Mais elle aura du poids pour les gouvernements, et pour les hauts fonctionnaires qui travaillent dans ces zones, où les institutions politiques et sociales sont encore instables, et où les lignes de conduites de l’Onu sont une ressource précieuse.

Ce n’est qu’un prix de consolation pour les militants de l’IVG, qui ont fait campagne pendant trois ans pour faire reconnaître l’existence de l’avortement comme droit de réparation en droit humanitaire, sans succès.

L’année dernière, le Conseil de Sécurité de l’Onu est passé près de dire que l’avortement devrait être accessible à toutes les victimes de viol dans deux résolutions sur les femmes, la paix et la sécurité. Le Secrétaire général fait partie de ceux qui faisaient campagne en faveur de l’IVG. Au bout du compte, les résolutions ont été formulées en langage très vague, et la controverse a été évitée. Le Royaume-Uni, d’ordinaire promoteur zélé de l’IVG, a repoussé les tentatives d’inclusion de l’IVG aux plus importantes initiatives internationales de lutte contre la violence sexuelle en zone de conflit.

Les Etats membres de l’Onu ont été invités à la présentation des lignes de conduite ce vendredi 1er août.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
août 14th, 2014

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