Pilule contraceptive : pas de dépistage systématique des troubles de la coagulation

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Pilule contraceptive : pas de dépistage systématique des troubles de la coagulation



Le nombre de femmes prenant des pilules de 3e et de 4e génération ne cesse de diminuer.La Haute Autorité de santé s’oppose au dépistage systématique des troubles de la coagulation redoutés par beaucoup de femmes sous pilule.C’est sans doute l’une des craintes les plus fréquentes exprimées par les patientes : que la prise de la pilule n’entraîne la formation de caillots sanguins susceptibles de boucher un vaisseau. Des associations de victimes de thrombose ou d’embolie sous pilule militent ainsi en faveur du dépistage systématique de la thrombophilie, soit la prédisposition particulière à ce risque, avant la première prescription d’une pilule contraceptive. Or, jeudi, à la veille de la Journée mondiale de la contraception, la Haute Autorité de santé (HAS) s’est prononcée contre.

La HAS rappelle que la contraception hormonale combinée (les pilules oestroprogestatives) « augmente de deux à six fois le risque de maladie thromboembolique veineuse », mais elle souligne que ce type d’événement malencontreux est rare chez les personnes jeunes. C’est pourquoi elle conclut qu' »un dépistage systématique n’est pas justifié, car son efficacité n’est pas démontrée, son efficience est très faible et ses éventuels effets négatifs non étudiés ». Elle ajoute : « Un test négatif de la thrombophilie à un moment donné ne garantit pas la non-survenue ultérieure de cette maladie, car celle-ci pourrait se développer en raison de l’apparition d’une thrombophilie acquise ou de la survenue d’autres facteurs de risque (chirurgie, fractures et traumatismes, cancer, obésité, post-partum…). » Enfin, « les évaluations économiques montrent qu’un dépistage systématique ne permettrait d’éviter qu’un faible nombre de maladies thromboemboliques pour un coût très élevé ».

Boom du stérilet

Les recommandations qui suivent sont donc logiques : c’est au médecin prescripteur d’adapter son ordonnance en fonction des besoins de chaque femme, de ses caractéristiques, de son histoire personnelle et familiale ainsi que de ses facteurs de risque. Il doit lui fournir une information claire sur les effets indésirables et les précautions d’emploi des pilules. Il n’est pas sûr que cela suffise à rassurer les patientes… Les chiffres publiés par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) sont significatifs : entre le début 2012 et le début 2014, la diminution des ventes de pilules oestroprogestatives de 3e et de 4e génération (le plus souvent mises en cause dans ce type d’accident) a été de 60 %. Et cette évolution à la baisse semble s’accentuer encore au fil des mois.

Les femmes se sont donc tournées vers d’autres moyens de contraception, et notamment vers les stérilets, dont les ventes ont augmenté de plus de 60 % chez les nullipares (qui n’ont jamais eu d’enfant) de 20 à 29 ans. Surfant sur cette vague, les laboratoires Bayer (l’un des créateurs et l’un des principaux sponsors de la Journée de la contraception) ont récemment commercialisé un stérilet destiné en particulier aux plus jeunes femmes et aux nullipares. Ils viennent également de créer une application Facebook intitulée « Un amour de stérilet« , pour informer les femmes sur ce mode de contraception et tordre le cou à un certain nombre d’idées fausses. Et notamment celle régulièrement entendue : « ce n’est pas fait pour les femmes qui n’ont pas eu d’enfant ». On comprend bien l’intérêt de Bayer à démentir cette assertion…

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
octobre 5th, 2014

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