Royaume-Uni : appel à la dépénalisation totale de l'avortement

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Royaume-Uni : appel à la dépénalisation totale de l’avortement


leblogdejeannesmits, 02 novembre 2014
Il faut en finir avec les lois spécifiques qui encadrent l’avortement, estime la directrice du British Pregnancy Advisory Service (BPAS, service britannique de conseils sur la grossesse et principal pourvoyeur d’avortements en Grande-Bretagne). Dans une tribune publiée par The Independent, Ann Furedi a appelé à la dépénalisation totale de l’avortement qui devrait être « régulé » selon elle comme « n’importe quel autre acte de soins médicaux » : « Aujourd’hui, l’avortement est un fait ordinaire de la vie », assure-t-elle.

La loi britannique autorise l’avortement jusqu’à 24 semaines mais uniquement en cas de danger pour la vie de la mère – un motif qui n’est pour ainsi dire jamais invoqué – ou lorsque certaines circonstances sont réunies, comme le « danger pour la santé mentale de la mère ». Il demeure par défaut un crime qui encourt la réclusion à vie. Mais en pratique, il y a autant d’avortements en Grande-Bretagne qu’en France, à tel point qu’on peut parler d’avortement à la demande, puisque l’on considère quasiment d’emblée que les conditions posées par la loi sont respectées.

Ann Furedi s’explique. Pour elle, il y a deux manières de « mettre fin à une grossesse » : l’accouchement et l’avortement, ce dernier étant à son avis moins dangereux pour la femme. « Grâce aux avancées de la médecine, les risques liés à l’avortement ont diminué à tel point que le fait de mettre fin à la grossesse par l’avortement est presque toujours plus sûr que d’y mettre fin par une naissance à terme », écrit-elle.

Et dans son optique, l’avortement vient pallier les ratés de la contraception.

« Nous trouvons normal de planifier nos familles en utilisant la contraception qui est facilement et gratuitement accessible par la biais de l’assurance maladie (NHS). Mais nous savons que la contraception n’est pas infaillible, nous non plus d’ailleurs. Cela nous réconforte de savoir que l’avortement existe comme solution de secours dans le cadre de la méthode de contraception que nous avons choisie. Les lois existantes n’ont pas d’utilité – et la manière dont l’avortement est procuré aujourd’hui oblige à poser la question : pourquoi s’encombrer d’une loi ? », note Ann Furedi, rappelant que les textes en vigueur sont parmi les plus restrictives au monde sur le papier, mais parmi les plus libérales dans la manière de les interpréter.

Cet appel à la banalisation totale de l’avortement en l’assimilant aux actes médicaux mineurs pratiqués par les médecins s’inscrit dans une logique qui s’étend sur le plan mondial. Ann Furedi exprime cela de manière à la fois brutale et sans langue de bois.

La France a déjà franchi le pas en ôtant l’avortement légal du code pénal pourvu que les délais soient respectés (et encore, sans poursuivre les femmes qui avortent hors délais à l’étranger, ni les organisations qui les y aident), et, dans le cadre de la « loi d’égalité réelle femmes-hommes », en éliminant toute mention de la « détresse » qui était censée justifier les avortements légaux. L’avortement à la demande tel qu’il était pratiqué dans les faits est ainsi devenu une réalité légale. A peine a-t-on été un peu moins franc en évitant de laisser paraître cela comme une banalisation définitive de l’« interruption volontaire de grossesse ».

 

D’autres pays – comme le Liechtenstein par exemple – s’engagent actuellement sur la même voie. L’Espagne de Zapatero a été pionnière dans l’affirmation du « droit à l’IVG ». On comprend, vu les objectifs actuels du lobby de l’avortement, que la tentative du gouvernement Rajoy de revenir à une « loi de conditions » plutôt qu’à une « loi de délais », ait rencontré une telle levée de boucliers de la part des médias et des politiques. L’étape de la normalisation totale est en effet cruciale pour dénuer définitivement l’embryon de toute protection juridique.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
novembre 3rd, 2014

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