Maroc : violée, enceinte, elle garde son enfant

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Maroc : violée, enceinte, elle garde son enfant


francetvinfo, 15/12/2014
Dans un pays qui interdit toute relation sexuelle hors mariage, les mères célibataires sont très mal perçues par la société. Au Maroc, elles sont nombreuses à avoir recours à l’avortement, pourtant interdit.
Anouk Burel et Matthieu Birden ont rencontré Aya, une jeune femme de 24 ans tombée enceinte après un viol. Après avoir tenté d’avorter, elle a décidé de garder l’enfant. Son choix, extrêmement courageux dans une société où la peur du qu’en-dira-t-on est permanente, l’a éloignée de sa famille. C’est pourtant elle la victime. « Au début, j’ai tout essayé pour avorter. Mais il faut dire que je ne sentais pas encore bouger ma fille, ce n’était pas vraiment concret. A 5 mois, quand je l’ai sentie donner des coups, ce n’était plus pareil. J’ai vraiment regretté tout ce que j’avais fait, j’ai fini par m’attacher à elle », raconte la jeune mère.

Choisir entre son bébé et sa famille

Son père n’a pas approuvé cette décision. « Je t’ai bien élevée, jamais je n’aurais pu imaginer que tu puisses me faire ça ! Tu n’as manqué de rien, je t’ai tout donné, tu décides de me faire du mal ? Je ne mérite pas ça. » Des mots durs et un père qui a décidé d’abandonner sa fille, alors que celle-ci ne pouvait se résoudre à abandonner son nouveau-né. Aujourd’hui, Aya vit seule avec sa fille dans une chambre de 3 m2.

Sur Twitter, le témoignage de cette jeune Marocaine a suscité énormément de compassion. Mais aussi de l’incompréhension face à une société patriarcale qui refuse d’assouplir la loi sur l’avortement. Pourtant, d’autres pays musulmans tels que l’Iran et l’Arabie saoudite ont modifié leur loi. Parmi les pays arabes, la Tunisie fait figure de bonne élève puisqu’elle a légalisé l’avortement en 1973.

 Ce que dit la loi

Au Maroc, les seules exceptions tolérées par la loi sont l’avortement spontané ou « naturel » et les cas où la grossesse met en danger la vie de la femme enceinte. L’article 449 du Code pénal punit de 1 à 5 ans de prison et d’une amende de 200 à 500 dirhams toute personne ayant provoqué, ou tenté de provoquer, un avortement, avec ou sans l’accord de l’intéressée. La peine est portée à vingt ans de réclusion en cas de décès. Elle est doublée en cas de récidive. L’article 454 punit de six mois à deux ans de prison toute femme ayant elle-même pratiqué son avortement. Enfin, l’article 455 punit de deux mois à deux ans de prison les complices d’un avortement, notamment les intermédiaires ou les vendeurs de produits abortifs.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
décembre 16th, 2014

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