LaLibre.be: Le pape François élu "Personnalité de l'Année"

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LaLibre.be: Le pape François élu « Personnalité de l’Année »


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Depuis une semaine, les internautes de LaLibre.be étaient invités à départager les lauréats « Personnalités de l’année » de six catégories distinctes: politique, international, sport, culture, fashion et révélation.Avec 33% des voix, le pape François est élu « personnalité de l’année 2014″, devant le premier ministre Charles Michel (27%) et le chanteur Stromae (20%).

A côté du podium, on notera le bon score de la Princesse Elisabeth. Elue « Révélation de l’Année », la fille du couple royal a recueilli 12% des votes. Le sportif David Goffin récolte 6% des suffrages et la personnalité « fashion », Clio Goldbrenner , 3%.

PORTRAIT : Le pape qui surprend


« La résistance à mon pontificat est maintenant évidente ». Le pape n’est pas toujours apprécié auprès des siens, mais sa popularité ne cesse de grandir au-delà des catholiques.

 

Mais comment fait-il? Mois après mois, le pape fascine et surprend. Le dernier sondage de l’institut américain Pew diffusé la semaine dernière crédite François de 84% d’avis positifs en Europe et, le jour de ses 78 ans, les lecteurs de LaLibre.be le plébiscitent comme « Personnalité de l’année 2014″. La Francescomania ne s’éteint pas, elle devient pour certains une véritable « pope culture » qui s’inscrira dans l’histoire de l’Église.

Le pape surprend, c’est sans doute sa première grande qualité de communiquant. Il souligne souvent les mêmes thèmes (la miséricorde, l’ouverture sincère à l’autre, le respect de la vie et le souci de la transcendance), mais il a le don de faire résonner ses mots en fonction du contexte. Au Parlement européen en novembre dernier, les applaudissements qui interrompaient son discours résonnaient tantôt à droite tantôt à gauche de l’hémicycle. Devant la « vieille grand-mère fatiguée » qu’est pour lui l’Europe d’aujourd’hui, il a fustigé la « culture du déchet » et un certain économisme, en insistant sur le respect du migrant et en dénonçant, implicitement, l’avortement. Entre un « progressisme social » et un « conservatisme éthique », il trace depuis l’entame de son pontificat une ligne de crête sur laquelle on avait oublié les catholiques.

François, de plus, a le sens de la formule. Préférant tant que possible un style de vie sobre, sa recherche de cohérence fait mouche également. Volontaire, il dit ce en quoi il croit, ne transige sur aucun de ses principes et rassure les siens par un cap indéfectible qu’il donne à son Église.

Pour simplifier, si Benoit XVI s’adressait d’abord aux catholiques en leur livrant une théologie aussi complexe que solidement argumentée, François s’adresse au monde et présente une Église qu’il envisage tel un « hôpital de campagne » soignant et marchant au plus près du quotidien et de ses défis.

François affaiblit-il le pape?

Pourtant, et sans vouloir opposer le Vatican et le pape, François bénéficierait-il d’un même plébiscite au sein de la Curie romaine (les ministères du Saint-Siège)? Ce n’est pas certain. « La résistance [à mon pontificat] est maintenant évidente » a reconnu le pape début décembre au quotidien argentin La Naciòn . Pour mener à bien la réforme de l’économie et de la Curie, François agit en véritable chef d’entreprise, écartant sans hésiter ceux qu’il ne sent plus aptes à porter son projet. Ses choix sont débattus longuement, et cette profonde réforme bouscule les habitudes au sein d’une institution millénaire.

Sur le plan de la papauté, François incarne le pouvoir magistériel de manière très personnelle. Sa parole est libre, spontanée, et donc aux yeux du monde « moins sacrée » que celle de ses prédécesseurs. Il insiste plus sur son rôle d’évêque de Rome que sur son rôle de pape, et, au risque d’effriter l’unité de son institution, entend partager le pouvoir avec ses confrères des conférences épiscopales auxquelles il souhaiterait accorder une « certaine autorité doctrinale ». « Ce que vise François, c’est le pouvoir absolu du pape. Il veut l’abolir. Ni plus ni moins » analysait le journaliste Jean-Marie Guénois dans son livre Jusqu’où ira François .

D’autre part expliquait dans l’hebdomadaire The Tablet le cardinal autrichien Christoph Schönborn, le pouvoir de la papauté qui serait en train de diminuer ne correspond pas aux souhaits d’une partie des catholiques qui rêvent « d’une Église puissante », et « d’un catholicisme politique qui impressionne ».

Si ces tensions existent, elles ne résument cependant pas l’essentiel du pontificat.

« Je ne suis pas chargé de vous le faire croire mais de vous le dire » pourrait répéter François en paraphrasant Bernadette Soubirou. François ne veut pas convaincre, il veut montrer ce en quoi il croit, et c’est d’ailleurs ce à quoi il appelle sans cesse les croyants : évangéliser par le témoignage de sa vie.

Témoigner plutôt que chercher à convaincre, évangéliser par la cohérence de son existence plutôt que par prosélytisme, voici sans doute en quelques mots le défi simple et radical que propose François.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
décembre 27th, 2014

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