L'avortement toujours

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L’avortement toujours


lanef, janvier 2015
Il a été beaucoup question, en ce dernier mois de l’année écoulée, d’euthanasie et de GPA : un projet de loi sur la fin de vie fort inquiétant devrait être rapidement présenté au Parlement ; et une décision du Conseil d’État valide la délivrance de certificats de nationalité pour les enfants nés de GPA à l’étranger, alors qu’elle est interdite en France ! Comme toujours maintenant, hélas ! dès qu’il s’agit de questions touchant à la vie humaine, la perte des repères est telle que rien ne semble pouvoir arrêter les dérives les plus folles. La dignité de la personne étant attaquée de toutes parts, il est légitime de parer aux dangers les plus immédiats, mais cela ne doit pas nous faire oublier l’atteinte la plus dramatique et la plus répandue contre la vie humaine : l’avortement, dont le Parlement, le 26 novembre dernier, au cours d’un vote sans effet mais éminemment symbolique, a voulu proclamer comme un « droit fondamental » – seulement sept députés ont voté contre !

L’exigence de l’avortement ne peut se comprendre que dans une société qui a fait de la liberté sexuelle une valeur supérieure que rien ne doit entraver : il est entendu qu’il est normal et légitime de copuler avec n’importe qui, n’importe comment, et qu’il est totalement incongru de penser encore – quelle ringardise ! – que la sexualité n’est destinée qu’à s’exercer dans le cadre du mariage. Tout se tient : dès lors que l’on érige cette liberté sexuelle en dogme inattaquable, tout le reste en découle et ne peut conduire logiquement qu’à la destruction de la famille : l’engagement à vie et la fidélité perdent leur sens, la contraception se doit d’être d’une efficacité sans faille puisque la sexualité, réduite à sa seule dimension de plaisir, est ainsi déconnectée de la procréation, et l’avortement est indispensable dans ce schéma comme ultime recours pour que la sexualité demeure un jeu sans risque et n’engageant aucune responsabilité.

Ainsi, tout le poids de l’« erreur » ou de l’« accident », si malgré tant de précautions survient tout de même une grossesse, est-il rejeté sur la femme seule, l’homme, le plus souvent simple partenaire de passage, n’assumant plus rien ou ne l’osant plus ! Dès lors, dans une société où rien n’est fait pour aider ces femmes, où tout, au contraire, est organisé pour les pousser à avorter, comment s’étonner que celles-ci cèdent à l’effroyable pression, surtout si elles prennent pour argent comptant l’argument fallacieux des féministes affirmant vouloir « disposer de leur corps », comme si l’embryon engendré dans le sein de la femme n’était pas précisément un être nouveau qui, bien qu’étant dans son corps qui l’accueille et l’abrite, s’en distingue dès lors irrémédiablement !

En prétendant « libérer » la femme, notamment par la banalisation de la sexualité « sans risques », ce féminisme a au contraire favorisé l’image de la « femme objet », objet de plaisir et de fantasme tel que la publicité nous la montre à tout instant sans que nos féministes s’en émeuvent beaucoup. Et, de plus, il culpabilise celles qui ont choisi de demeurer mères, le statut de la femme au foyer étant aujourd’hui particulièrement peu reluisant aux yeux de nos bien-pensants.

L’abolition de l’avortement est-elle une cause perdue d’avance comme beaucoup le pensent, et parce qu’elle n’est guère comprise, faudrait-il la mettre en sourdine ? Je ne le crois pas du tout et les raisons en sont simples. D’abord, la légitimité d’un combat, quel qu’il soit, réside dans sa conformité à la vérité et à la justice, et si l’on renonce à les défendre envers et contre tous, le politique perd son sens – le service du bien commun. Ensuite, il est faux de croire à l’impossibilité de convaincre une large majorité de nos concitoyens du bien-fondé de nos convictions : car l’avortement n’est accepté que par l’imposture d’une des plus gigantesques propagandes de l’histoire, c’est donc un «acquis » très fragile et il suffirait seulement d’une information honnête et équilibrée pour faire basculer l’opinion assez rapidement dans l’autre sens. Quand on voit la répression violente qui s’exerce à l’occasion de la projection à des jeunes d’un simple film comme Le cri silencieux, on mesure combien les défenseurs de l’avortement sont conscients de la fragilité de leurs arguments et combien une évolution est donc rapidement possible. Si les Français avaient accès aux nombreux témoignages de « traumatisme post-IVG », là aussi, les choses leur apparaîtraient sous un autre jour…

C’est pourquoi, il ne faut rien lâcher non plus sur cette question cruciale de l’avortement (1). On reproche parfois aux catholiques « conservateurs » de ne s’intéresser à la vie qu’à son commencement (avortement, PMA/GPA) et à sa fin (euthanasie), mais guère à ce qui se passe entre les deux, alors que les chrétiens « progressistes » se polariseraient à l’inverse sur les injustices sociales et la pauvreté. Sans doute est-ce très caricatural mais cependant non dénué de fondement, il faut le reconnaître. L’Église, qui est très au-dessus des étiquettes, se soucie de toutes les misères humaines : elle est aussi bien en pointe pour défendre partout la vie que présente en tous lieux auprès des plus nécessiteux. Et, ce faisant, ne nous invite-t-elle pas à réfléchir à l’importance de tous ces combats, l’un n’excluant pas l’autre, car il s’agit toujours, in fine, de défendre la même dignité de la personne humaine, et tout particulièrement des plus vulnérables, de l’enfant à naître, du vieillard grabataire ou du chômeur désespéré et du SDF délaissé de tous… ? Il n’y a pas lieu de s’opposer là-dessus, mais au contraire d’unir nos efforts en rendant grâce pour la richesse de l’Église faite de la diversité de ses membres et de leurs charismes.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
janvier 9th, 2015

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