Pour le pape François, « le défi de l’Europe est de redevenir mère »

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Pour le pape François, « le défi de l’Europe est de redevenir mère »


la-croix, 14/09/2015
Capture d’écran 2015-09-16 à 12.09.09Dans un entretien à une radio portugaise, le pape reprend son image d’Europe grand-mère, estimant que la crise des réfugiés oblige le continent à redevenir mère

L’interview du pape François à une radio argentine était à peine diffusée, dimanche 13 septembre, qu’un autre entretien radiophonique était rendu public lundi 14 septembre, cette fois sur Rádio Renascença, antenne de la conférence épiscopale portugaise, que le pape vient de recevoir au Vatican. Il a ainsi justifié lui-même l’opportunité de l’interview enregistrée le 8 septembre dernier.

« L’Europe a ouvert ses yeux »

L’occasion de livrer son analyse sur la crise des réfugiés, qui est « une surprise en ce moment pour l’Europe ». « Je veux dire que l’Europe a ouvert ses yeux et la remercier. Je remercie les pays européens qui ont ouvert leurs yeux », déclare-t-il au cours de l’interview.

« Ces pauvres gens fuient la guerre, la faim mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Parce qu’en dessous, il y a la cause, celle d’un système socio-économique mauvais et injuste. » L’ancien archevêque de Buenos Aires rattache l’apparition des bidonvilles dans les grandes villes ou l’exploitation de la Terre entraînant le changement climatique au même problème initial.

« Nous devons aller aux causes », poursuit-il : « Où le problème est la famine, nous devons créer du travail, des investissements. Où le problème est la guerre, chercher la paix, travailler pour la paix ».

Au-delà de l’Europe, il évoque la persécution des Rohingyas (groupe ethnique musulman) en Birmanie et d’autres phénomènes migratoires, remémorant celui vécu par sa propre famille en 1929.

Pour lui, l’une des causes de ce phénomène est la dénatalité à l’œuvre dans plusieurs pays d’Europe. « Si un pays n’a pas d’enfants, les immigrés viennent et prennent leur place », observe-t-il, déplorant ce manque d’envie d’enfants. « C’est ma propre interprétation et elle peut ne pas être correcte, dit le pape qui n’hésite pas à être approximatif, mais cela est en partie dû à une culture du confort, non ? Dans ma propre famille, j’ai entendu, il y a quelques années, des cousins italiens dire : « Des enfants ? Non. On préfère voyager durant nos vacances ou acheter une villa, ou faire ceci ou cela ». « Je crois que le plus grand défi de l’Europe est de redevenir une Europe-mère », à l’inverse d’une « Europe grand-mère », selon une expression qu’il a déjà employée.

« Il faut reconnaître que l’Europe a une culture exceptionnelle, poursuit plus loin le pape argentin. Vraiment, des siècles de culture et qui donnent un confort intellectuel. Ce que je dirais à l’Europe est en rapport avec cette capacité à reprendre son leadership dans le concert des nations. Qu’il faudrait de nouveau que l’Europe montre le chemin à suivre parce qu’elle a la culture nécessaire pour faire cela.” Le pape estime, comme ses prédécesseurs, que l’Europe s’est trompée en renonçant à définir son identité sans y inclure « ses racines chrétiennes ». Il estime qu’elle doit « remplir son rôle ».

Le pape explique qu’il a visité des pays européens à population jeune, comme l’Albanie et la Bosnie, comme « un signe pour l’Europe » de « pays qui sont en train de se reconstruire ». En écho à ses discours à Strasbourg du 25 novembre dernier, il mise aussi sur les « jeunes politiciens ». Évoquant le chômage des jeunes, il reconnaît, comme dans d’autres interventions, que l’Europe « traverse une très grave crise de l’emploi ».

Accueillir une famille évite les infiltrations d’autres types

Pour autant, « à l’évidence si un réfugié arrive, en dépit des mesures de sécurité, nous devons l’accueillir parce que c’est un commandement de la Bible ». Et le pape de citer Moïse. Il justifie ainsi l’appel qu’il a lancé le 6 septembre à toutes les paroisses et monastères d’Europe d’accueillir une famille de réfugiés. « Une famille, pas juste une personne, insiste-t-il : « Une famille donne plus de garanties de sécurité pour éviter des infiltrations d’autres types ».

« Quand je dis qu’une paroisse devrait accueillir une famille, je ne veux pas dire qu’elles doivent aller vivre dans la maison du curé, au presbytère, mais que dans chaque communauté paroissiale, on regarde s’il n’y a pas une place, un coin dans une école qui peut être aménagé en petit appartement, ou, si besoin, qu’on puisse louer un petit appartement pour cette famille ».

« Il y a des couvents qui sont presque vides », signale de nouveau le pape, qui regrette la faible réaction des ordres religieux.

Quant à l’accueil de réfugiés au Vatican, il indique que les familles resteront « tant que le veut le Seigneur ».

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
septembre 17th, 2015

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