Tout a commencé lorsqu’une jeune journaliste américaine, Holly Brockwell, qui est enfin parvenue à se faire stériliser après quatre années de lutte, a dû faire face aux reproches de ceux considérant qu’« elle n’avait qu’à prendre la pilule ». Sitôt, elle s’est fendue d’une réponse percutante sur Facebook : « Avez-vous déjà essayé de prendre la pilule ? Est-ce que vous savez ce que c’est de saigner pendant un mois ? Avez-vous raté des matinées au travail parce que vous vomissiez à cause des hormones que vous n’avez pas besoin d’injecter dans votre corps ? Avez-vous appelé le le service de santé public parce que vous sentiez vos jambes étranges et que vous craigniez que votre pilule risquée ait provoqué un caillot sanguin ? Non ? Alors cessez de me dire de quelle contraception j’ai besoin ».

Une de ses amies a par la suite créé en son honneur le hashtag #MyPillStory sur Twitter pour que d’autres femmes puissent libérer leur parole et combattre les idées reçues érigeant la pilule en solution miracle. Bientôt, une vague de témoignages a suivi, révélant d’autres conséquences néfastes de la pilule sur la libido, la santé ou encore le moral.  Pour Kristen, la pilule fut synonyme de pertes de sang importantes et d’une chute de son désir sexuel. « Je ne prends plus la pilule car cela me faisait saigner tous les jours, a tué ma libido et m’empêchait d’avoir des orgasmes » a-t-elle affirmé dans son tweet.

Pour Kate Bevan, l’amie d’Holly qui a créé le hashtag, cette méthode contraceptive a provoqué de nombreux maux de têtes et une humeur changeante et irritable, sans compter, une prise de poids notable : « Je ne peux pas prendre la pilule car cela me donne des migraines, des sautes d’humeur et me fait prendre du poids ».

D’autres ont témoigné d’un changement d’état d’esprit et d’humeur, comme Jess : « La pilule a très bien marché pour moi , seulement car elle m’a rendu tellement folle qu’aucun garçon ne voulait m’approcher à 10km à la ronde ».

Pour Lisa Edwards, c’est le moral qui a pris un sérieux coup, au point d’envisager de mettre fin à ses jours. « J’étais déprimée au point de penser au suicide pendant six mois et je pleurais tous les jours. Une assez bonne raison pour arrêter ».

Pour Ginny, la pilule n’a tout simplement pas rempli son rôle : « Quatre années passées sous pilule. Imaginez le choc quand on m’a appris que j’étais enceinte de six mois »

Une autre internaute, elle, s’agace du fait que ce soit trop souvent aux femmes d’assumer la pénibilité de la contraception en compensation du bien-être de leur partenaire : « J’ai vu un nombre infini d’amies déprimées et faisant face à plein d’effets secondaires, juste parce que leur partenaire « détestait mettre un préservatif » »

Les Twittos se sont félicitées d’avoir brisé ce qui était resté longtemps tabou ou méconnu. Beaucoup ont ainsi découvert qu’elles n’étaient pas les seules à faire face à ces difficultés. En précisant bien que le hashtag n’était pas une campagne contre la pilule, qui se décline sous plusieurs formes et dosages, mais pour protester contre le « tout-pilule » et les injonctions à la prendre sans se plaindre, comme s’il s’agissait d’un bonbon inoffensif.