A l’occasion de la semaine mondiale de l’allaitement organisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour promouvoir cette pratique, le Fonds mondial des Nations unies a donc entamé lundi une véritable campagne de persuasion sur les réseaux sociaux. Et pour convaincre, tous les moyens sont bons, semble-t-il.

Ainsi, lundi, le Fonds assurait sur Twitter que «l’allaitement stimule la santé d’un enfant, son QI, ses performances scolaires et son revenu à l’âge adulte». Un message accompagné, non pas d’un lien vers une étude scientifique accréditant cette affirmation, mais de la photo d’un femme allaitant un nouveau-né en présence de celui qui semble être son compagnon, et de la sympathique légende : «L’allaitement n’est pas qu’une affaire de femmes.»

Logiquement, cette sortie, qui de toute évidence fait fi de la liberté des femmes de choisir entre allaitement et lait maternisé, a suscité une vague d’incrédulité et de colère. Ainsi, l’élue Les Républicains des Yvelines Aurore Bergé a tenu à affirmer sur son compte Twitter que «le choix de l’allaitement reste du ressort des femmes», message retweeté dans la foulée par la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol, tandis que d’autres ont choisi de détourner avec humour le message de l’Unicef.

, Christophe Boulierac, porte-parole de l’Unicef a tenu à préciser que la position de l’organisme «est avant tout de promouvoir l’allaitement dans les pays en crise, mais aussi dans des pays développés». Mardi, l’Unicef s’est fendu d’une série de tweets destinés à apaiser la polémique, et assurant qu’il «estime que chaque femme doit pouvoir choisir librement d’aillaiter son enfant» puis, dans la foulée : «Nous travaillons pour que toutes les mères aient un meilleur soutien avant, pendant et après l’accouchement – personnel de santé, communauté, famille, employeur – afin qu’elles aient la possibilité d’offrir à leurs enfants les nombreux avantages de l’allaitement.» Pour des mères «libres» donc, quoique bien culpabilisées.