Loretta Young : comment l’actrice a résisté à la pression d’Hollywood qui la poussait à avorter

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Loretta Young : comment l’actrice a résisté à la pression d’Hollywood qui la poussait à avorter


aleteia, 25/10/2016
web-loretta-young-he-stayed-for-breakfas-columbia-pictures-promotional-photoLa carrière de la célèbre actrice hollywoodienne Loretta Young fut très fructueuse, s’étendant de 1917 à 1961, avec à la clef deux étoiles décrochées sur le célèbre Walk of Fame pour ses rôles au cinéma et à la télévision. Pourtant celle-ci aurait pu tourner court. la comédienne ayant décidé d’aller à l’encontre de la « clause de moralité » émise dans les contrats des studios de cinéma dans le but d’éviter que les jeunes actrices ne fassent scandale.

De quoi était-il question ? Les jeunes vedettes les plus en vue de l’époque n’avaient pas le droit d’avoir de liaisons, et si tel était le cas, elles étaient obligées de recourir à l’avortement en cas de grossesse imprévue. D’après un article récent paru dans le Vanity Fair américain, « non seulement une grossesse surprise aurait attiré la honte sur ces stars du box-office, mais en plus cela serait allé à l’encontre de la politique des studios de cinéma ».

La plupart des stars hollywoodiennes de l’époque firent tout ce qui était en leur pouvoir afin de préserver leur carrière. Les vedettes Joan Crawford, Bette Davis et Judy Garland furent toutes contraintes d’avoir recours à l’avortement pour rester « désirables ». Les directeurs de studios estimaient que ces jeunes femmes devaient renvoyer une image « immaculée ». Avoir un enfant aurait terni cette image. D’après Cari Beauchamp, « il était communément acquis que les stars les plus glamour perdraient tout leur attrait si elles devenaient mères. »

C’est pourquoi il fut même interdit à certaines actrices de se marier. Jean Harlow, par exemple, « ne put épouser William Powell car “les studios MGM avaient émis une clause dans son contrat selon laquelle elle n’avait pas le droit de se marier”».

Résistance à la pression des studios 

Ainsi fonctionnait le monde que la jeune Loretta Young, fervente catholique, s’apprêtait à intégrer. Très tôt dans sa carrière elle fut amenée à partager l’affiche avec Clark Gable (L’Appel de la forêt, sorti en 1935 de William A. Wellman d’après Jack London), dont elle tomba amoureuse. S’ensuivit une grossesse imprévue.

Des années après les faits, Loretta Young aurait raconté à sa belle-fille ce qui s’était réellement passé à l’époque. En plein tournage, alors que l’équipe rentrait en train à Hollywood, Clark Gable se serait secrètement introduit dans son compartiment et aurait abusé d’elle. Elle était terriblement humiliée… et sa réaction fut de serrer les dents et de n’en rien laisser paraître. C’était ce qu’on lui avait toujours appris : « Show must go on ». Et elle savait de toute façon qu’elle devrait recommencer à travailler avec lui un jour.

Quand ils découvrirent la grossesse, les deux acteurs demeurèrent très discrets à ce sujet et décidèrent de la dissimuler au maximum. Le studio mit la pression pour que Loretta avorte mais elle refusa, et prit des mesures extraordinaires pour que cela ne se sache pas, tout en espérant pouvoir mener de front carrière et maternité. Elle donna « beaucoup d’interviews et participa à de nombreux événements publics pendant la première partie de sa grossesse dans l’espoir de pouvoir faire croire à un soudain besoin de repos dans les derniers mois. Ensuite elle décida de passer plusieurs semaines à l’étranger avec sa mère. Quand elle revint, il fut dit à la presse qu’elle avait été malade. »

Elle donna secrètement naissance à sa fille dans une petite maison de Los Angeles et la confia à un orphelinat. Elle l’appela Judy en hommage à saint Jude, patron des causes difficiles. Par la suite, Loretta revint « adopter » sa propre fille alors âgée de 19 mois.

C’est d’ailleurs cette histoire qui a inspiré les réalisateurs Joel et Ethan Coen pour un des personnages de leur film Ave César. En effet, la femme jouée par Scarlett Johansson est contrainte de signer un accord qui stipule qu’elle confie son enfant à une personne payée pour « être dupe » et qui lui permet ensuite de venir récupérer l’enfant quelques années plus tard, une fois que l’eau a coulé sous les ponts.

Loretta Young fit le choix de cacher la vérité à sa fille et ne lui raconta son histoire que peu avant son mariage. Judy fut terriblement déçue d’apprendre qu’elle avait grandi dans le mensonge, elle aurait préféré connaître la vérité dès le début. Loretta Young ne reconnut jamais publiquement cette filiation, mais permit qu’elle soit divulguée après sa mort.

Quelques années après la naissance de Judy, Loretta Young finit par épouser le producteur Tom Lewis avec lequel elle eut deux fils, Peter et Christopher. Plus tard, elle se consacra à de nombreuses œuvres caritatives catholiques et fut membre de la paroisse du Bon Berger à Beverly Hills.

Il arrive que les stars de cinéma subissent la pression des studios et se retrouvent à devoir faire l’impensable pour préserver leur carrière. Ce qu’a fait Loretta Young aurait en tous cas pu ruiner la sienne, et le choix de ne rien dire, pas même à sa fille, a eu des conséquences durables. Cependant, grâce à sa foi catholique, Loretta Young savait à quel point il était important de préserver toute vie, et c’est ce qui lui donna la force de tout risquer pour sauver celle qui était née en elle.

Clark Gable ne rendit qu’une seule fois visite à sa fille, sans lui dire qu’il était son père. Il se maria cinq fois et n’eut qu’un seul fils, né quatre mois après son décès, à l’âge de 59 ans.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
octobre 27th, 2016

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