Gabrielle Vialla : « Il y a un mensonge. Le droit fondamental c’est le droit à la vie. Tout est inversé »

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Gabrielle Vialla : « Il y a un mensonge. Le droit fondamental c’est le droit à la vie. Tout est inversé »


capture-decran-2016-12-01-a-18-09-00Gabrielle Vialla est présidente avec son époux du Centre Billings France et auteur de Confidences Billings à un frère prêtre.À la suite de la proposition de loi déposée par le gouvernement visant à étendre le « délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse », elle a bien voulu répondre aux questions du Rouge & le Noir.

R&N : Le gouvernement fait, une nouvelle fois, en quelques années, de l’avortement un sujet législatif, cette fois-ci en engageant une procédure accélérée. Comment expliquer une telle insistance ?

Gabrielle Vialla : Il y a une vraie logique parmi les structures de péché. Tout se tient entre destruction de la famille, théorie du genre, complaisance (ou pire) avec la pornographie, promotion de la contraception et de l’IVG. Toute personne — ou groupe — désirant travailler pour la culture de vie doit être réduite au silence. Il faut laisser Big Brother surveiller et manipuler votre conscience ! Rien ne doit venir l’éclairer.

R&N : Il y a quasiment un an jour pour jour était adoptée une résolution visant à affirmer le « droit fondamental » à l’avortement. L’extension du « délit d’entrave » à l’avortement est-il une conséquence logique de ce texte ?

Gabrielle Vialla : Bien sûr. Il y a un mensonge. Le droit fondamental c’est le droit à la vie. Tout est inversé.

Voilà pourquoi un catholique ne peut soutenir ce “droit” — qui n’en est pas un — à l’IVG. Cela devrait faire partie du catéchisme comme application actuelle du cinquième commandement. Aujourd’hui, l’école, internet, la télévision, dés-éduquent sur ce point-là. Un enfant, naturellement, si on lui dit que l’on va supprimer le petit frère ou la petite sœur dans le ventre de sa mère, n’est pas d’accord.

Il y a toute une strate de poncifs qui, dès l’enfance, empêchent la conscience de s’exprimer sur ce sujet. À Dublin, il y a 20 ans, j’ai entendu des sœurs de mère Teresa parler aux enfants pauvres de l’âge du primaire : « si vous entendez quelqu’un parler de vouloir faire une IVG, vous devez venir prévenir les sœurs ». Est-ce qu’on dit cela aux enfants du caté ? Nous nous sommes auto-censurés depuis longtemps.

« La meilleure IVG est celle qu’on peut éviter », écrivait même le professeur Nisand en 2012.

R&N : Pensez-vous que l’adoption d’une telle loi créerait un précédent dangereux qui pourrait ensuite être élargi à d’autres sujets, comme la contraception par exemple ?

Gabrielle Vialla : Tout est possible. Il n’y a pas une ligne de sécurité que le démon ne franchit pas, parce que cela serait trop “mauvais”. Ou plutôt si… cette ligne existe mais elle ne peut être que spirituelle. C’est Notre-Dame !

R&N : Peu d’élus de droite se sont opposés à cette proposition de loi en déposant des amendements pour contrevenir au texte. Cela n’est-il pas surprenant quand on voit dans le même temps les médias déclarer que ce le rôle des catholiques a été majeur dans la primaire de la droite qui vient de désigner François Fillon comment le candidat des Républicains pour l’élection présidentielle ?

Gabrielle Vialla : Nous devons plus craindre la lâcheté des catholiques que la hardiesse des pro-morts. Il y a un combat spirituel qui exige prières et actions.

On majore l’influence des catholiques (ceux qui sont cohérents, ou ceux dont la rencontre avec le Christ a suffisamment construit leur pensée).

Peut-être Monsieur Fillon a-t-il été aidé par les personnes qui l’ont entouré et qui se revendiquent catholiques (comme lui d’ailleurs) et qui par leur façon d’être, leur discours (pas cohérent sur tout), leur couleur un peu inhabituelle sur la scène politique ont attiré l’électorat de droite et du centre. Mais quel rapport avec l’avortement ? Le sujet est venu sur la table à cause de la « repentance » de Monsieur Fillon suite à son vote positif à la loi inique de 2014. Pour finalement donner raison à la pensée unique sur l’IVG. Un petit reste de conscience catholique vite étouffé !

Ce qui compte n’est pas qu’il y ait le maximum de catholiques sur le devant de la scène, mais que les personnes désirant respecter la loi naturelle sur tel ou tel point soient soutenues par les catholiques.

R&N : Faut-il refaire de l’avortement un combat culturel, plutôt qu’un combat politique (pour le moment) ?

Gabrielle Vialla : Il faut que ce soit les deux ! Il faut instruire les catholiques sur la responsabilité politique. Celle des élus et celle des citoyens. Voter est un acte moral qui a des répercussions. Nous avons les élus que l’on mérite. Nous en avons d’ailleurs quelques-uns, rares, qui sont remarquables et courageux. Si “On ne lâche rien” se transforme en “c’est déjà bien de nous rendre nos allocations…” eh bien nous n’allons pas loin. Les points non négociables ne se négocient pas (sic !). Quelqu’un qui se dit catholique doit avoir un discours de catholique. Ensuite, nous nous devons de soutenir les personnes de bonne volonté qui veulent aller dans le sens d’une régression des structures de péché.

Les sociétés humaines ont selon les époques une conscience plus ou moins éclairée. Aujourd’hui l’inceste ou même l’infanticide sont intolérables ; ce ne fut pas toujours ainsi. Un jour, une prise de conscience collective sur l’IVG se fera. À ce moment-là, comme pour des drames plus récents, on demandera alors aux catholiques où ils étaient.

Eh bien le bilan sera d’une poignée d’irréductibles (qui attendent du renfort) et d’une majorité d’ « affadis ». Que cette poignée tienne ! Qu’elle ne lâche pas sur la conscience morale et rappelle à chacun sa responsabilité. Surtout, qu’elle ne lâche pas sur les œuvres de miséricorde de la vie, sur le concret. Et pas seulement auprès de catholiques, mais auprès de tous. C’est là qu’on change les mentalités. La jeune femme harcelée par son compagnon pour faire une IVG, qu’on soutient avec persévérance pour qu’elle garde son bébé : une fois le bébé dans les bras elle ne sera pas pour l’IVG, et elle transmettra cela à ses enfants.

Une immense majorité des femmes qui avortent sont des victimes car elles n’ont jamais eu la formation morale minimale pour comprendre ce qui leur arrive.

Ce combat, nous ne pouvons le laisser à la prochaine génération, et nous contenter d’assurer une présence silencieuse, de voir la culture de mort progresser, et abandonner ses victimes, souvent parmi les plus pauvres (économiquement, moralement, spirituellement).

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
décembre 7th, 2016

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