Vécu des soignants en obstétrique, interruption médicale de grossesse.

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Vécu des soignants en obstétrique, interruption médicale de grossesse.


Dans le cas de l’interruption médicale de grossesse, l’article 2213-1 du code de la santé publique distingue deux types de situations : soit la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la mère, soit il existe une forte probabilité que l’enfant à naître, soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic. A la demande de la mère, le dossier sera examiné par une équipe pluridisciplinaire qui délivre un avis, et l’interruption pourra être réalisée si deux médecins membres de l’équipe délivrent une attestation d’autorisation d’interruption de grossesse.

La présence et l’accompagnement du médecin gynécologue obstétricien et de la sage-femme sont primordiaux lors de ces démarches. Les explications concernant l’accouchement et le versant administratif (livret de famille, autopsie, prénom, incinération) ont également une place prépondérante dans cet accompagnement. Cette interruption, selon le terme de la grossesse, est un fœticide réalisé sous anesthésie péridurale par le médecin gynécologue obstétricien en présence de la sage-femme. Le processus conduisant à l’expulsion du fœtus mort nécessite un accompagnement de la part de l’équipe soignante et entraîne une souffrance pas seulement chez les parents, mais également chez les professionnels. Ceci est ressenti d’autant plus que si le fœtus nait vivant, il acquiert la personnalité juridique et que sa mort provoquée serait un infanticide. En effet, la difficulté est non seulement liée au geste, mais également à l’accouchement et à l’accueil du fœtus mort. Lorsque les parents ou la mère le désirent, le foetus leur est présenté par les sage-femmes. Cette situation peut être source de souffrance pour les protagonistes présents, parents et soignants, du fait de la difficulté de la confrontation avec la mort. Des problèmes organisationnels peuvent dans certains cas amplifier cette souffrance, répétition d’interruptions médicales de grossesse le même jour, pour le personnel soignant, vision de nouveau-nés sains dans le service pour la femme. La possibilité est offerte aux professionnels d’améliorer la qualité de la présentation du fœtus à la mère par exemple en l’habillant de petits langes « en tricot » et ceci semble contribuer à un apaisement des parents et favoriser leur travail de deuil.

Dans un contexte plus large de la société où tout doit être rentable et productif, la notion de bientraitance apparaît tout de même indispensable et doit inciter à une réflexion des soignants et des institutions dans un souci de pouvoir poursuivre un accompagnement de qualité et de toujours maintenir cette qualité. Ceci implique un soutien psychologique aux soignants qui peut être développé à partir de méthodes de relaxation. Par exemple des séances de yoga permettent de prendre du recul sur les situations rencontrées et peuvent également apaiser les souffrances. En effet, cet outil millénaire apporte une meilleure connaissance de soi et une meilleure approche de l’autre tout en permettant une réflexion éthique vers une compréhension du respect de la dignité.

L’interruption médicale de grossesse est une situation complexe autant pour les parents que pour le personnel soignant.

Ce dernier se trouve partagé entre les notions de bienveillance et de mort. C’est pourquoi un accompagnement semble être un besoin ressenti par certains soignants.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
décembre 18th, 2016

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