Le conseil de l’Europe se penche sur les conséquences éthiques de nouvelles techniques génétiques

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Le conseil de l’Europe se penche sur les conséquences éthiques de nouvelles techniques génétiques


la-croix, 12/10/2017
Il est plus urgent d’encadrer l’utilisation des nouvelles techniques génétiques appliquées à l’être humain. C’est en substance, le contenu d’un rapport sur lequel se penchent jeudi 12 octobre les membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe examine jeudi 12 octobre un rapport qui insiste sur la nécessité d’une réglementation internationale pour éviter les dérives éthiques liées à la modification du génome humain

Il est plus urgent d’encadrer l’utilisation des nouvelles techniques génétiques appliquées à l’être humain. C’est en substance, le contenu d’un rapport sur lequel se penchent jeudi 12 octobre les membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. / Gernot Krautberger/ Stock.adobe.com

Il est plus urgent d’encadrer l’utilisation des nouvelles techniques génétiques appliquées à l’être humain. C’est en substance, le contenu d’un rapport sur lequel se penchent jeudi 12 octobre les membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Le texte, rédigé par la sénatrice écologiste belge Petra de Sutter, appelle à une prise de conscience des responsables politiques européens face à des technologies qui avancent toujours plus vite. C’est l’un des premiers rapports sur ce sujet produit par une telle instance en Europe.

Ces questionnements sont en particulier provoqués par Crispr-Cas9, une technologie mise au point en 2012, et qui permet d’intervenir sur un chromosome pour y remplacer un gène malade par un gène sain.

En juin 2016, l’Institut national américain de la santé a donné son feu vert pour le premier essai clinique utilisant ces « ciseaux génétiques » sur des cellules humaines, dans le cadre de recherches sur le cancer. En novembre 2016, une équipe chinoise a également procédé à la première modification de cellules immunitaires in vitro pour attaquer des cellules cancéreuses.

« Limites jugées inviolables »

« Il est urgent d’étudier les implications de ces techniques du point de vue de l’éthique et de la sécurité », pointe Petra de Sutter dans son rapport, qui souligne que « la modification intentionnelle du génome humain franchirait (…) des limites jugées inviolables ».

De fait, les dérives potentielles de ces techniques sont nombreuses. Le rapport évoque notamment « le risque d’utilisation inappropriée ou abusive de la technologie dans le but de produire un individu ou un groupe d’individus dotés de caractéristiques particulières ou de certaines qualités requises ». Autrement dit, de la mise en œuvre d’une forme d’eugénisme.

Militarisation

« Il serait même possible de “militariser” l’utilisation des nouvelles technologies génétiques sur l’être humain, par exemple pour réduire le besoin de sommeil des soldats », peut-on y lire. Par ailleurs, le texte souligne que l’on ne connaît pas les implications potentielles de telles mutations génétiques, qui pourraient se révéler chez un individu plusieurs générations après la manipulation du gène de l’un de ses ancêtres.

De fait, le cadre législatif actuel demeure plus que flou. Une convention lancée en 1997 par le Conseil de l’Europe, la convention d’Oviedo, encadre certes les « applications de la biologie et de la médecine » au regard de la dignité de l’être humain, mais Petra de Sutter estime que ce texte est devenu insuffisant, en raison des avancées technologiques. La convention d’Ovideo, ratifiée par 29 pays – dont la France –, interdit cependant le transfert d’un embryon génétiquement modifié dans l’utérus d’une femme en vue de donner naissance à un enfant.

Au niveau national, « très peu de pays légifèrent sur des nouvelles technologies, essentiellement parce que la technologie progresse plus vite que les autorités de régulation. », peut-on encore lire dans le rapport. D’où « une absence de contrôle de la technologie ».

« Le temps ne joue pas en notre faveur »

C’est pourquoi l’élue belge insiste sur « la nécessité d’une réglementation internationale » en la matière. Reprenant des travaux menés par l’Académie nationale de médecine des États-Unis, elle propose que ces règles soient élaborées en fonction de sept critères : promotion du bien-être, transparence, vigilance, responsabilité de la communauté scientifique, respect de la personne, équité et coopération transnationale.

Une telle réglementation doit selon elle être adoptée avant que ne s’instaurent des « paradis réglementaires », c’est-à-dire des pays où des chercheurs pourraient mettre en œuvre ces technologies génétiques sans aucune contrainte éthique. Elle insiste : « Notre principale difficulté dans ces travaux est le temps, qui ne joue pas en notre faveur. »

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
octobre 25th, 2017

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