“Aucune vie humaine n’est dépourvue de valeur” insistent les évêques irlandais dans leur lettre pastorale

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“Aucune vie humaine n’est dépourvue de valeur” insistent les évêques irlandais dans leur lettre pastorale


la-croix, 28/03/2018
… Nous craignons que la langue soit utilisée dans l’intention de dépersonnaliser certaines catégories d’enfants à naître d’une manière visant à normaliser l’avortement….

La Conférence des évêques catholiques d’Irlande a tenu son Assemblée plénière de printemps du 5 au 7 mars 2018 à Maynooth, (comté de Kildare). Lors de leurs travaux, les évêques d’Irlande ont réexaminé leur message pastoral Deux vies, un amour – document initialement rendu public en décembre 2016. Alors que l’Irlande se prépare à un référendum sur le droit à l’avortement prévu pour le 25 mai 2018 et pour apporter leur contribution au débat national sur le droit à la vie, ils ont publié, le 7 mars 2018, une édition révisée du précédent document. Les évêques irlandais y réaffirment leur conviction : « aucune vie humaine n’est dépourvue de valeur ». Par conséquent, ils réfutent la possibilité pour certains de décider de la mort d’autres personnes. Distinguant les droits fondamentaux des droits civils, ils rappellent que tandis que les derniers sont « accordés par la loi aux citoyens », les premiers sont tout simplement inaliénables. Et, dans un contexte où l’avortement est maintenant présenté comme un droit humain, ils évoquent la Convention européenne des droits de l’homme qui souligne l’importance de protéger le droit de toute personne à la vie. Ils s’opposent à toute modification ou à la suppression de l’article 40.3.3 de la Constitution irlandaise qui pourrait autoriser l’avortement. Cet article, insistent-ils, a « une vision particulière, fondée sur le respect du droit à la vie de toute personne ». Aussi, exhortent-ils, en conclusion, leurs concitoyens à défendre le « maintien du droit à la vie dans la Constitution ».

La DC

1. Introduction

Après avoir soigneusement consulté les fidèles laïcs, hommes et femmes, la Conférence des évêques catholiques irlandais souhaite présenter les considérations suivantes afin de contribuer à l’actuel débat national sur le droit à la vie.L’Église catholique a récemment conclu une Année jubilaire de la miséricorde. Cette initiative du pape François a été célébrée par l’Église universelle et elle nous a appelés à la fois à nous ouvrir à la miséricorde de Dieu dans notre vie et à rechercher les moyens d’être plus miséricordieux envers les autres, et en particulier les plus vulnérables. La Constitution irlandaise célèbre l’égalité de la mère et de l’enfant à naître dans son Huitième amendement. Nous nous devons donc d’être extrêmement compatissants et miséricordieux quand de futurs parents et leur enfant à naître ont besoin de soutien au cours d’une grossesse non désirée. Mais il faut plus que des mots pour exprimer ce soutien. Les ressources publiques devraient par exemple être employées avec davantage de pragmatisme et d’imagination. Soutenir et pérenniser une culture de la vie est dans l’intérêt de chaque génération et cela nous définit en tant que société.

Nous croyons que la vie humaine est sacrée de la conception jusqu’à la mort naturelle et que l’Article 40.3.3 reflète le juste équilibre des droits. Nous demandons à Dieu de bénir et de guider les membres de notre société afin que chacun assume la lourde responsabilité qui lui incombe et que nous défendions ce droit pour la génération actuelle et celles à venir.

Certaines personnes soutiennent que le droit à la vie de l’enfant à naître devrait être une question de choix personnel de la part de la mère. D’autres, bien qu’opposés par principe à l’avortement, pensent que ce droit ne s’applique pas à certains enfants parce qu’on leur a diagnostiqué un problème médical grave ou parce que leur conception résulte d’un viol. Nous souhaitons affirmer notre ferme conviction, fondée autant sur la raison que sur la foi, qu’aucune vie humaine n’est dépourvue de valeur. Nous acceptons, bien sûr, que la mort fasse partie de notre condition humaine. Mais nous rejetons l’idée que n’importe qui puisse décider du moment où, pour une autre personne, il est temps de mourir.

2. Le droit à la vie en tant que droit personnel fondamental

L’article 40 de la Constitution s’intitule « Droits personnels » et se trouve dans une section intitulée « Droits fondamentaux ». Ainsi, bien avant que la Déclaration universelle des droits de l’homme ne soit promulguée par les Nations unies, le peuple irlandais a reconnu la nature fondamentale des droits tels que le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit au respect de la vie privée et le droit à la liberté d’expression.

Les droits humains fondamentaux sont différents des droits civils. Alors que les droits civils sont les droits accordés par la loi aux citoyens dans une société particulière, les droits humains fondamentaux appartiennent à chaque personne tout simplement parce qu’elle est une personne. Les droits humains fondamentaux ne sont pas « donnés » par la société, qui ne peut pas non plus les soustraire.

Les droits fondamentaux sont « reconnus » dans les constitutions et les chartes et « défendus » par l’application de la loi. Ils sont ce que les Nations unies appellent « les droits égaux et inaliénables » de « tous les membres de la famille humaine » (1).

L’article 40.3.3, parfois appelé Huitième amendement, est libellé comme suit : « L’État reconnaît le droit à la vie de l’enfant à naître et, en respectant le droit égal de la mère à la vie, garantit dans sa législation de respecter ce droit et, dans la mesure du possible, de le défendre et de le faire valoir par ses lois » (2).

Supprimer ou modifier l’article 40.3.3 ne servirait qu’à retirer le droit à la vie de certaines catégories d’enfants à naître et changerait radicalement le principe selon lequel, pour tous les enfants à naître et pour nous tous, le droit à la vie est un droit humain fondamental.

Dans le débat actuel, certains soutiennent que l’avortement lui-même est un droit humain. Nous considérons que ce point de vue est incompatible avec une conception intégrale des droits de la personne humaine. Nous voudrions signaler que la Convention européenne des droits de l’homme exige que « Le droit de toute personne à la vie [soit] protégé par la loi » (3). La Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant définit l’enfant comme « tout être humain de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable ». Aucune distinction n’est faite entre les enfants nés et les enfants à naître (4).

Nous attirons votre attention sur un certain nombre d’aspects de l’article 40.3.3, que nous considérons comme importants :

• Dans cet article, l’État ne concède pas le droit à la vie aux enfants à naître, mais reconnaît ce droit comme un droit fondamental, qui appartient à l’enfant à naître en vertu de sa qualité de personne. Une personne est un membre particulier de la famille humaine, pour utiliser la description donnée dans le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

• L’article 40.3.3 décrit le droit à la vie de l’enfant à naître comme étant « égal » au droit à la vie de la mère. À juste titre, il ne place pas le droit à la vie de l’enfant à naître au-dessus de celui de la mère.

• L’article 40.3.3 ne garantit pas, en toutes circonstances, de pouvoir défendre et revendiquer le droit à la vie de l’enfant à naître, pas plus qu’il ne le peut dans le cas des personnes nées, et vivant dans nos villes et nos villages. L’État garantit cependant le respect du droit à la vie de l’enfant à naître dans ses lois, comme il le fait pour d’autres personnes.

Bien entendu, le droit à la vie est unique car, en l’absence de ce droit, aucun autre droit civil ou naturel ne peut être exercé, ni maintenant ni à l’avenir.

3. Les enfants à naître en tant que personnes

Nous vous demandons d’examiner avec soin la réalité de ce qui se passe dans la vie de chaque être humain, entre la conception et la naissance. Il n’y a pas de moment plus important, sur le plan du développement, que celui de la fécondation, en ce qui a trait à la définition des débuts de l’existence personnelle. Il n’existe aucun fondement logique ou scientifique permettant de considérer, d’une part, qu’un enfant né est une personne jouissant de tous les droits que cela implique et, d’autre part, qu’un enfant à naître est une non-personne. L’identité distincte d’un individu humain est déjà présente une fois que la fécondation a eu lieu. Tout le reste relève simplement du processus de croissance et de développement d’une personne déjà embarquée dans le voyage de la vie.

Pour nous, chrétiens, il n’y a pas de conflit entre la foi et la raison. Tout comme la raison nous conduit à reconnaître la continuité de toute vie humaine, de la fécondation à la mort naturelle, la foi nous permet de voir chaque personne comme ayant ses origines dans l’intention de Dieu et son accomplissement dans la vie éternelle. Cette croyance, exprimée de diverses manières dans la Bible, est très bien présentée par le pape François dans son exhortation datant de 2016, La joie de l’amour, où il dit : « Le don d’un nouvel enfant que le Seigneur confie à un papa et à une maman commence par l’accueil, continue par la protection tout au long de la vie terrestre et a pour destination finale la joie de la vie éternelle. » « La valeur d’une vie humaine est si grande, et le droit à la vie de l’enfant innocent qui grandit dans le sein maternel est si inaliénable qu’on ne peut d’aucune manière envisager comme un droit sur son propre corps la possibilité de prendre des décisions concernant cette vie qui est une fin en elle-même et qui ne peut jamais être l’objet de domination de la part d’un autre être humain ». (5)

4. Le pouvoir du langage

Nous souhaitons évoquer brièvement l’utilisation du langage en ce qui concerne les enfants à naître. Des mots comme « fœtus », « embryon » et « zygote » ont une signification technique spécifique. Nous nous demandons pourquoi, dans le discours public, l’enfant à naître en bonne santé est toujours appelé « le bébé » alors que celui qui, selon certains, ne répond pas aux attentes est systématiquement défini comme le « fœtus » ou « l’embryon ». Nous craignons que la langue soit utilisée dans l’intention de dépersonnaliser certaines catégories d’enfants à naître d’une manière visant à normaliser l’avortement.

5. Les effets positifs de l’article 40.3.3 – Une culture de la vie

Des milliers d’Irlandais doivent la vie à la promulgation du Huitième amendement. Sans lui, ils n’auraient jamais vu le jour. Cela est dû en partie au fait qu’un incontournable décalage existait entre la pensée de recourir à l’avortement et sa mise en œuvre. Ce décalage a permis aux femmes, souvent avec le soutien des membres de la famille, de leur partenaire ou des associations venant en aide aux femmes enceintes, comme notre propre Cura (a), d’envisager d’autres options, plus constructives.

Indépendamment du nombre de vies qui ont été sauvées grâce à l’article 40.3.3, les futurs parents vivant une grossesse non désirée ont été culturellement encouragés à opter en faveur de la vie, évitant aussi de prendre une décision que beaucoup d’entre eux auraient pu regretter par la suite. Ce soutien culturel ne tenait pas seulement au fait que la société irlandaise avait fait une déclaration de principe publique sur le droit à la vie, mais aussi au fait que les structures de la société, y compris les établissements de santé, ne s’employaient pas, comme dans de nombreux pays, à promouvoir à ou faciliter la suppression de la vie comme une réponse sociale appropriée à la grossesse non désirée.

L’objectif, en termes de soins maternels, serait bien sûr d’atteindre un taux de mortalité maternelle nul. Malheureusement, cela est pratiquement impossible parce qu’il existe des conditions médicales potentiellement mortelles liées à la grossesse et elles sont difficilement prévisibles, à titre individuel. Selon les chiffres les plus récents publiés par l’Organisation mondiale de la santé en 2015, le taux de mortalité maternelle en Irlande est de 8 pour 100 000 naissances vivantes (6). Il s’agit de l’un des taux les plus faibles, plaçant l’Irlande au 28e rang sur 190 pays invariablement devant les États-Unis et le Royaume-Uni, où l’accès à l’avortement est facilité.

6. Qu’est-ce que l’avortement est, et qu’est-ce qu’il n’est pas ? L’enseignement de l’Église catholique

Parmi ceux qui préconisent la suppression ou la modification de l’article 40.3.3 de la Constitution, certains ont clairement indiqué qu’ils souhaitaient rendre l’avortement plus librement accessible en Irlande. D’autres disent qu’ils sont opposés à l’avortement en général, mais souhaiteraient le voir autorisé dans certaines circonstances difficiles. Nous ne partageons pas ce point de vue, car nous croyons que tout enfant à naître, quel que soit son état de santé ou les circonstances de sa naissance, a droit à un traitement égal devant la loi.

Nous sommes préoccupés par le fait que certains éléments de l’enseignement de l’Église catholique sur le droit à la vie aient tendance à être présentés de manière inexacte :

• L’Église catholique n’a jamais enseigné que la vie d’un enfant dans le sein maternel devait être préférée à celle de sa mère. En vertu de leur humanité commune, une mère et son bébé à naître ont un droit égal à la vie.

• Lorsqu’une femme enceinte est gravement malade et a besoin d’un traitement médical dont les effets secondaires pourraient mettre en danger la vie de son bébé, de tels traitements sont toujours permis si tous les efforts ont été accomplis pour sauver la vie de la mère et de son bébé. En revanche, l’avortement est la destruction directe et intentionnelle d’un bébé à naître et c’est un acte profondément immoral en toutes circonstances. Il ne s’agit pas d’un traitement médical.

• Quand, malheureusement, un bébé décède de mort naturelle dans le sein de sa mère, il n’est pas question que celle-ci soit obligée de poursuivre sa grossesse. Désormais, il n’y a plus qu’un seul « patient », la mère. Celle-ci devient le seul objet de tous les soins médicaux requis. Le père et la mère ont droit à la meilleure assistance pastorale que nous puissions offrir, puisqu’ils pleurent la perte de leur enfant.

Dans le contexte restreint du débat autour du Huitième amendement, il est important d’aborder les cas difficiles comme ceux des enfants dont l’état de santé limite leur espérance de vie ; ou des enfants dont la conception résulte d’un viol, ni l’une ni l’autre de ces situations ne justifiant une modification de la loi fondamentale :

a. Les enfants dont l’espérance de vie est limitée

Il est très douloureux pour une mère de découvrir que le bébé qu’elle porte en son sein est gravement malade et, que selon toute probabilité, il ne vivra pas. Ses rêves s’écroulent et ses espoirs sont anéantis. Elle pleure l’enfant qu’elle n’aura jamais. C’est un déchirement pour elle d’annoncer à son entourage la perte prochaine de ce bébé. Le chagrin du père n’est pas moins réel. On parle souvent des enfants dont l’espérance de vie est limitée comme s’ils étaient déjà « morts, pour ainsi dire ». L’utilisation de mots comme « fatal » ou « mortel » pour décrire ces conditions implique que l’issue est connue d’avance et que la mort est imminente et inévitable. En réalité, chaque cas est différent et, si certains bébés meurent avant la naissance, d’autres vivront juste quelques heures, et d’autres beaucoup plus longtemps (7).

Beaucoup d’entre nous ont rencontré des parents dont les enfants sont nés avec une espérance de vie limitée. Ils nous ont parlé du soutien dont ils avaient eu besoin pour faire face à cette situation très difficile. Ils ont souligné combien il était important pour eux de se souvenir d’avoir fait de leur mieux pour leur enfant malade. Ils nous ont dit combien il avait été bon d’avoir la possibilité de tenir leur enfant dans leurs bras et d’avoir pu s’en occuper ne serait-ce que quelques heures ou même quelques minutes, jusqu’à ce que la mort se produise de matière naturelle. D’autres nous ont parlé de leur joie de découvrir après la naissance que, même si leur enfant avait de graves problèmes de santé, le pronostic était en réalité plus optimiste que ce qu’on leur avait initialement fait comprendre. Nous vous encourageons à écouter leur histoire personnelle sur les sites www.onedaymore.ie et www.everylifecounts.ie.

Même dans les pires scénarios, la situation d’un enfant à naître ayant une espérance de vie limitée est comparable à celle d’un enfant né ou d’un adulte parvenu à un stade avancé d’une maladie en phase terminale. L’un des défis particuliers auxquels sont confrontés les parents d’enfants à naître ayant une espérance de vie limitée est le manque de soutien coordonné à leur égard. Nous croyons qu’il faut faire beaucoup plus pour proposer des services de soins périnataux appropriés qui offrent chaleur, tendresse et de quoi se sustenter afin de permettre aux parents de prendre soin de leur enfant malade jusqu’à la mort naturelle. Plutôt que de vouloir abroger l’article 40.3.3, c’est ce qui devrait être au centre de la politique gouvernementale et c’est dans cette direction que nous pouvons et devrions tous œuvrer.

b. Les enfants dont la conception résulte d’un viol

Le viol est un acte de violence et un crime. Une femme qui a été violée a besoin de soutien et de soins prodigués avec compassion. Dans de telles circonstances, on a toutes les peines du monde à imaginer le stress physique et affectif auquel est confrontée la femme enceinte. La société a le devoir moral de la soutenir et de le faire avec la plus grande compassion.

Un enfant conçu à la suite d’un viol est également une personne. Il ou elle a des droits, y compris le plus fondamental de tous : le droit à la vie. La société doit de même étendre son soutien au bébé à naître.

Certaines personnes réagissent à une grossesse non désirée en proposant l’avortement comme solution. Cela peut même leur sembler un geste de compassion en de pareilles circonstances. Mais ces enfants sont innocents et ils ont droit au meilleur soutien et aux meilleurs soins que nous puissions leur apporter.

7. Femmes, hommes et enfants à naître

La relation entre une mère et son enfant à naître n’est pas simplement physique et biologique. Elle est aussi émotionnelle et même spirituelle. Nuire à son enfant va à l’encontre de tout ce qu’une mère est. Nous sommes conscients que de nombreux facteurs peuvent influencer la décision de se résoudre à l’avortement et que, dans de nombreux cas, il s’agit d’une décision douloureuse et même dramatique. Il faudra souvent beaucoup de temps pour que guérisse cette blessure émotionnelle et spirituelle.

Il existe une tendance regrettable : celle d’associer l’avortement exclusivement aux femmes qui l’ont subi. L’enseignement de l’Église est très clair : ceux qui promeuvent, organisent et pratiquent des avortements sont tout autant responsables, voire plus dans certains cas. Souvent, l’acte destructeur perpétré contre l’enfant à naître est amplifié par l’incapacité des personnes ou des institutions clés à aider la mère à prendre en considération et à choisir d’autres possibilités.

Nous comprenons que certaines personnes, y compris les hommes eux-mêmes, estiment qu’ils n’ont aucune contribution à apporter à ce débat. Avec tout le respect et le discernement dû au rôle unique de la mère qui porte l’enfant à naître en son sein, nous voudrions dire très clairement que les pères sont aussi des parents, avec toutes les responsabilités que cela implique. De même, lorsqu’il s’agit du droit à la vie, les hommes comme les femmes ont la responsabilité – responsabilité à laquelle ils ne peuvent renoncer – de défendre les enfants à naître qui n’ont pas d’autre voix pour s’exprimer.

Le pape François, conformément aux commentaires du pape Jean-Paul II, a récemment écrit : « Je voudrais redire de toutes mes forces que l’avortement est un péché grave, parce qu’il met fin à une vie innocente. Cependant, je peux et je dois affirmer avec la même force qu’il n’existe aucun péché que ne puisse rejoindre et détruire la miséricorde de Dieu quand elle trouve un cœur contrit qui demande à être réconcilié avec le Père » (8).

En tant qu’Église, depuis plus de quarante ans, à travers le service de consultation professionnel de Cura, nous soutenons les femmes enceintes et les pères qui se retrouvent face à une grossesse non désirée. Nous plaçons notre espoir dans une Église et une société qui, tout en rejetant l’avortement, tendent la main aux femmes qui en ont subi un, avec une oreille attentive et un cœur compréhensif. Surtout, nous croyons que le bien commun est mieux servi par une Église et une société civile qui, tout en rejetant l’avortement, continuent d’offrir aux femmes de vraies alternatives et un réel soutien.

8. Conclusion

Dans une culture comme la nôtre qui accorde une si grande valeur aux droits individuels, il peut sembler étrange que le droit personnel le plus fondamental de tous, le droit à la vie, soit de plus en plus remis en question et dénié. Le problème semble être que, lorsque dans une société le respect des droits de l’individu est poussé à l’extrême, il en résulte une autre forme d’individualisme dans laquelle tous les droits, même les plus fondamentaux, deviennent relatifs. Comme l’a dit le pape Jean-Paul : dans de telles circonstances, « le ‘droit’cesse d’en être un parce qu’il n’est plus fermement fondé sur la dignité inviolable de la personne » (9). Conclusion : toute la notion de droits de l’homme est minée et tous les droits qui subsistent dépendent de la volonté de la majorité.

L’article 40.3.3 de la Constitution de l’Irlande (Bunreacht na hÉireann) a une vision particulière, fondée sur le respect du droit à la vie de toute personne. Nous pensons que la suppression ou la modification de cet article ne peut avoir d’autre effet que d’exposer les enfants à naître à un risque plus élevé et que cela n’apporterait aucun bénéfice pour la vie ou la santé des femmes en Irlande. Nous vous encourageons donc, en tant que membres de la famille humaine, à œuvrer activement pour le maintien du droit à la vie dans la Constitution, au nom de l’égalité, de l’équité et de la compassion pour tous.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
mars 30th, 2018

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