Autoconservation des ovocytes : Marianne Durano dénonce les avis et contre-avis du CCNE

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Autoconservation des ovocytes : Marianne Durano dénonce les avis et contre-avis du CCNE


genethique, 01/10/2018
« On donne des pilules aux femmes fertiles, pour qu’elles soient stériles au moment où elles sont naturellement fécondes, puis on les soumet à des PMA pour les rendre à nouveau fertiles au moment où elles cessent naturellement de l’être. C’est absurde ». Marianne Durano, agrégée de philosophie, réagit aux prises de position récentes du Comité Consultatif National d’éthique au sujet de l’autoconservation des ovocytes (cf. Avis du Comité consultatif National d’Ethique : vers quels abîmes ?).

 

Après avoir mis en garde en juin 2017 contre cette pratique, le nouveau rapport du CCNE n’y voit désormais plus d’obstacle. « Dès lors qu’on accepte l’idée d’une «révision» systématique des lois bioéthiques, on tolère l’idée que ce qui était impensable il y a peu devienne légitime aujourd’hui: le CCNE se condamne ainsi à n’être qu’une caisse enregistreuse des évolutions sociétales. Ses avis sont toujours déjà caducs », déplore la philosophe qui regrette que « le CCNE piétine ses conclusions un an plus tard, au nom de la sacro-sainte ‘autonomie individuelle’. Drôle d’autonomie, qui soumet le corps des femmes et leur désir d’enfant à des procédés techniques de pointe, dont elles dépendront ultérieurement pour procréer… ». Par ailleurs, « on peut également s’interroger sur les priorités d’un gouvernement qui rogne sur le remboursement de certains actes médicaux, d’une part, et qui pourrait, d’autre part, légaliser des opérations médicales pour des femmes qui ne sont pas malades… ».

 

Elle considère qu’ « une femme ne devrait pas renoncer à sa maternité pour satisfaire son employeur. Or, si l’autoconservation des ovocytes est légalisée, il est évident que les femmes subiront une pression supplémentaire au travail » et pour elle, « plutôt que de rembourser l’autoconservation des ovocytes – injuste et coûteuse -, mieux vaudrait développer les crèches universitaires et d’entreprise, allonger le congé maternité, mieux protéger les employées enceintes et les jeunes mères, encourager les reprises d’étude et la réinsertion sur le marché du travail des femmes qui se sont arrêtées pour avoir des enfants, etc. ».

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Publié par:
Benoit

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octobre 5th, 2018

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