Témoignages : arrêter la pilule leur a changé la vie

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Témoignages : arrêter la pilule leur a changé la vie


glamourparis, 07/02/2019
Arrêter la pilule leur a changé la vieAujourd’hui, nombreuses sont les femmes à abandonner la pilule pour renouer avec leur corps, leurs émotions ou leur libido. On les a interrogées, puis on s’est demandé si arrêter la pilule n’était pas quelque chose de résolument féministe et moderne.

Réponses.
Avant de commencer à travailler sur cet article, je n’avais aucune idée des réflexions qui en ressortiraient. Il est né de ma propre décision d’arrêter la pilule, après sept ans de prise, alors que je vivais avec des maux de tête et une déprime envahissants, depuis plusieurs semaines. J’étais également gênée par l’idée d’ingérer des hormones qui n’étaient pas les miennes, mais n’avais jamais sauté le pas. A tort. Car, en un rien de temps, après avoir abandonné ma plaquette sur une étagère, mon ciel intérieur s’est dégagé… Et je me suis sentie revivre. Je savais que je n’étais pas seule dans ce cas donc j’ai demandé à des femmes de témoigner pour moi. Je ne voulais, à la base, que leurs témoignages pour cet article. Mais ces derniers m’ont amenée à me demander pourquoi on continuait à la prendre, si elle nous rendait mal(heureuses). Enfin, je me suis interrogée : et si délaisser la pilule n’était pas le signe d’une toute nouvelle révolution féministe, portée par des femmes entre 20 et 30 ans ?

Retrouver son corps 
Migraines, sautes d’humeur, fringales, baisse de la libido, chute de cheveux … sur les quinze femmes qui ont témoigné, les effets négatifs d’une vie sous pilule étaient relativement identiques. Si certaines ont remarqué un changement physique visible, comme une prise de poids ou des problèmes de peau, ce sont surtout leurs émotions et leur vie sexuelle qui ont pâti de la prise de pilule. « Je me sentais toujours à fleur de peau et j’avais l’impression de ne pas avoir de libido du tout « , résume Marion, sage-femme de 25 ans. Un discours que j’ai entendu presque mot pour mot des quatorze autres jeunes femmes.
Parfois, les conséquences ont été plus intenses, comme pour Juline qui a frôlé la dépression, en plus d’avoir pris vingt kilos. « Quand je prenais la pilule, il m’est arrivé d’avoir des envies de suicide, confie la jeune étudiante de 20 ans. J’étais déprimée la plupart du temps, avec des crises de nerfs ingérables pour mes proches comme pour moi… Par contre, la semaine où j’avais mes règles et que je n’avais pas à la prendre, j’étais joyeuse, plus enjouée et plus drôle aussi. J’ai commencé à douter qu’elle soit bonne pour moi« .

 

En fonction de nos besoins, la pilule nous évite bien sûr une grossesse non-désirée, mais peut aussi avoir été prescrite pour nous éviter d’avoir des règles douloureuses tous les 15 jours ou des boutons en permanence. Elle permet aussi de savoir l’heure exacte à laquelle nos règles vont tomber, et c’est pratique. Impossible donc, à priori, d’imaginer un instant qu’elle pourrait apporter plus de mal que de bien à long-terme. De fait, il a fallu plusieurs mois à ces femmes, voire plusieurs années, pour réaliser que cet état physique superficiel n’était pas normal. Et comme il y a quelque chose de mécanique dans la prise de pilule, accentuée par le fait qu’elle a lieu tous les jours à la même heure, on ne réalise pas tout de suite qu’elle peut être néfaste.
Pourtant, avec le temps, toutes les femmes que j’ai interrogées ont été frappée à un moment précis par une prise de conscience salvatrice qui les a poussées à arrêter la pilule. Les hormones qu’elles ont pris pendant plusieurs années les ont rendues esclaves de leur propre corps et les en ont éloignées, plus qu’elles ne leur ont fait du bien. Un bilan qu’elles dressent toutes à l’unanimité.

« J’avais l’impression de changer le fonctionnement normal de mon corps et de contrer mon cycle, nous explique Violette, 26 ans. C’était comme si j’allais contre-nature« . Une sensation que reconnaît Charlotte, 20 ans, mais aussi Widiane qui se réjouit d’avoir « découvert (son) vrai cycle« , depuis qu’elle ne prend plus la pilule. Léa, quant à elle, a eu la sensation de retrouver bien plus que ça, depuis deux ans. « Je n’abîmerai plus mon corps avec des hormones, nous confie-t-elle. A 22 ans, après avoir arrêté la pilule, j’ai eu le sentiment de récupérer mon énergie féminine, mes émotions et aussi ma libido. » Jeanne, à 24 ans, renoue elle aussi avec son corps et ses sensations, même désagréables, et a l’impression de vivre pleinement. « Même si parfois le ressenti n’est pas forcément agréable, surtout à certains moments de mon cycle, j’ai au moins l’impression de ressentir les choses« , développe-t-elle. Puis, enfin, comme pour Stéphanie, 25 ans, il aura fallu passer par une épreuve douloureuse pour prendre conscience qu’il y en avait assez de faire souffrir son corps. « Après une IVG, j’ai compris que notre cycle féminin était une belle machine, raconte-t-elle. Finies les hormones de poule et la dictature de mon cycle menstruel ! Je suis aujourd’hui réglée parfaitement, même si je sens passer mes règles…« .
La pilule est un moyen de contraception mais est aussi un moyen de soigner mille autres maux liés aux hormones et aux règles, notamment lorsqu’elle est prescrite à l’adolescence, comme évoqué plus haut. J’ai commencé à la prendre à 16 ans, pour réguler des cycles beaucoup trop courts, durant lesquels je perdais beaucoup de sang, et qui provoquaient, de fait, une anémie sévère. Elle m’a été très utile. Alice, 24 ans, l’a aussi commencée à l’adolescence, alors qu’elle avait 14 ans. « Dans un premier temps, je ne la prenais pas comme contraceptif, mais en raison de mes règles douloureuses, nous explique-t-elle. Mais du coup je ne l’ai jamais arrêtée !« . Essentielle ensuite, donc, dans sa sexualité.  Elle lui a été très utile aussi, à un moment donné.
Je me souviens en discuter avec mes amies au lycée, et la pilule semblait être un rituel initiatique du passage à l’âge adulte. Si elle était un moyen de se débarrasser d’un corps trop envahissant, et de prendre le contrôle sur la fin de sa croissance, elle permettait aussi d’asseoir en partie sa position de jeune femme sexuellement active, moderne et libre. Et de grandir à l’égal de l’homme, sans bouder son désir grandissant. Pouvoir bénéficier de la pilule est une liberté fondamentale en France depuis plus de soixante ans, et je ne le remettrai absolument jamais en question.

Ma seule interrogation porte cependant sur la prescription systématique de la pilule par les médecins. Qu’elle puisse être nécessaire à certains moments de la vie, et nous faciliter l’existence comme à l’adolescence, est un fait. Malheureusement, comme le dit Jeanne, elle n’est pas infaillible et ne convient pas forcément à tous les moments de la vie. « Si la pilule m’a beaucoup aidée à stabiliser les choses à l’adolescence, plusieurs années plus tard, je n’y trouve plus mon compte« , nous a-t-elle confié. Et c’est le cas de toutes ces femmes interrogées. Si elles ont besoin de (re)découvrir leur corps, après avoir pensé qu’il s’était habitué à la pilule, c’est parce qu’il est très rare qu’un médecin ou un gynécologue ait un jour remis en question, pour elles, cette mécanique. Si une pilule ne convient plus, on en prescrit une autre, jusqu’à ce qu’on trouve la bonne…
De fait, on ne nous donne pas accès facilement à d‘autres moyens de contraception, comme l’implant, le diaphragme ou encore le stérilet, qui sont encore rarement proposés par les spécialistes. On nous demande si notre pilule nous convient toujours, mais rarement si l’on aimerait changer de méthode de contraception. Le stérilet a d’ailleurs été adopté par la suite par la majeure partie des femmes que j’ai interrogées… A voir presque comme une chance, alors que de nombreux médecins dissuadent encore aujourd’hui les femmes nullipares d’en poser un, s’ils ne refusent pas catégoriquement.

Vers une sexualité librement consentie et choisie
Cette décision d’arrêter les hormones illustre pourtant à merveille la différence de perception et de relation à son propre corps, à 15 puis à 25/30 ans et devrait être encouragé. Ces femmes font le choix de retrouver et d’assumer leurs propres émotions et pensées, qui s’avèrent être nettement plus positives que sous pilule, mais également leurs sensations physiques bien qu’elles ne sont pas toujours agréables (syndrome pré-menstruel, douleurs liées au cycle…).
Mais ces femmes font surtout le choix de renouer avec leur vie sexuelle. A l’âge où elles sont le plus fertiles, elles cherchent à se débarrasser d’une libido boudante et dont elles n’ont finalement jamais complètement connu les aspects, elles reprennent ainsi le contrôle et le droit de disposer entièrement de leur désir. Ce désir féminin, que l’on a libéré et brisé du tabou en offrant aux femmes la pilule prend, soixante ans plus tard, une toute nouvelle dimension : les femmes sont libres d’avoir envie de sexe et de se protéger de la manière dont elles l’entendent.
Dans l’intimité, elles n’ont plus non plus le devoir de prendre l’entière « responsabilité » de la contraception, alors que de nombreux couples hétéros « installés » abandonnent le préservatif dès lors qu’il y a pilule. Nombreuses sont les femmes interviewées qui m’ont à ce sujet confié avoir repris l’usage systématique de la capote, même après plusieurs années de relation. De cette manière, les relations sexuelles deviennent peut-être alors plus équitables. Et si avoir les mêmes responsabilités garantissait de prendre le même plaisir et, de fait, pouvait permettre de mettre, enfin, la sexualité féminine au même niveau que celle de l’homme ?

Ces réflexions ont été portées à quelques reprises, notamment par Sabrina Debusquat dans son essai J’arrête la pilule, publié en 2017, et qui a réalisé une étude sur plus de 3600 femmes. La journaliste se penche d’ailleurs de manière plus approfondie sur le côté médical de la chose et sur les effets à long terme sur l’organisme et sur l’environnement, et c’est très intéressant. Il y a également eu plusieurs articles parus dans les presse féminine, suite à de multiples études qui montraient que les femmes de la jeune génération délaissaient petit à petit la pilule au profit d’une contraception plus naturelle. Enfin, la YouTubeuse Sophie Riche a également fait plusieurs vidéos où elle raconte les effets de la pilule et de l’après-pilule sur son corps. Toutes ces données peuvent nourrir votre réflexion dans le cas où le sujet vous intéresse.
Si vous souhaitez connaître les différents moyens de contraception qui existent, n’hésitez pas à consulter le site ChoisirSaContraception, et à interroger un médecin de confiance sur la méthode qui vous conviendrait le plus.

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Publié par:
Benoit

Publié sur:
février 11th, 2019

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