Rémi Brague: «Libérer les intelligences européennes»

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Rémi Brague: «Libérer les intelligences européennes»


lefigaro, 20/02/2019
Rémi Brague: «Libérer les intelligences européennes»Le 23 février prochain à Paris, lors d’un colloque organisé par la fédération européenne One of Us et la Fondation Jérôme Lejeune, nous lançons avec plusieurs intellectuels européens une plateforme de réflexion, qui se donnera pour objectif de tirer au clair la conception de l’homme sur laquelle repose notre civilisation.Il s’agit de «libérer les intelligences européennes». On peut sentir un peu partout, en faveur de certaines idées, une terreur douce, discrète, mais d’autant plus efficace. Elle exclut par avance certaines questions, sacralise de prétendues «avancées» supposées irréversibles, livre les uns aux ricanements et à la culpabilisation et promeut la carrière des autres, répercute les idées reçues et tue par le silence celles qui s’en écartent.

Nous disons «libérer les intelligences». Et non: donner libre cours aux passions. Et non: se laisser emporter par tous les fantasmes. Et non: se laisser envahir par des sentiments paralysants ou exaltés.

Le philosophe explique : « Aujourd’hui, ce pour quoi nous nous engageons, la vie, la raison, la liberté, l’égale dignité de tout homme de sa conception à sa mort naturelle, pourrait passer pour des évidences. Peut-être y eut-il un temps où, ces principes étant paisiblement possédés, il fallait seulement les faire respecter ». S’il parle d’une nécessaire libération de l’intelligence c’est pour qu’elles puissent « faire ce pour quoi elles sont faites : la vérité, celle de toute personne, celle autour de laquelle on peut se rassembler dans la paix ».

Loin de défendre des intérêts d’un groupe ou les leurs, ils cherchent « à étendre la protection à ceux qui ne peuvent pas encore, ou ne pourront jamais, ou ne peuvent plus, faire valoir eux-mêmes leurs droits : les travailleurs exploités dans un système économique de libre-échange mondialisé, les embryons condamnés parce qu’ils ne sont pas l’objet d’un « projet parental », les grabataires réduits à leur inutilité et à leur coût, les femmes pauvres prêtes à louer leur ventre pour satisfaire le prétendu « droit à l’enfant » d’hommes riches ». Parce que ces intellectuels n’ont qu’une peur : « C’est que la postérité nous accuse de non-assistance à civilisation en danger ».

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Publié par:
Benoit

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février 21st, 2019

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