Le déni post-avortement

Le silence est doux. Mais la parole est souvent salutaire.

Le déni post-avortement

Le déni est une réaction psychologique inconsciente par laquelle l’individu cherche à se protéger contre une réalité dérangeante ou pénible.

De très nombreuses femmes ayant avorté, nient les réactions émotionnelles liées à  leur avortement.
Nous constatons que nier ses émotions est une caractéristique commune aux femmes et aux hommes qui s’efforcent de vivre avec le souvenir pénible d’un avortement.
Notre société tout entière vit dans le déni (concernant les conséquences des deuils périnataux et de l’avortement en particulier). 

Ceux qui ont fait l’expérience de l’avortement d’un enfant ne se voient pas reconnu le droit  de verbaliser leur culpabilité, d’être soutenus dans leur deuil et accompagnés dans leurs remords.  Il ne leur reste donc comme alternative que : nier ou refouler leurs sentiments.
Ils les rejettent dans les profondeurs de leur inconscient, et ils élèvent une façade de défense psychologique et spirituelle pour dompter les fantômes du passé.

Mais le temps fait peu à peu tomber ces défenses.

La réalité qu’ils cherchent à fuir risque d’être provoquée par un événement ou une situation quelconque, à un moment inattendu, voir inapproprié.

« Je vous appelle, car deux de mes meilleures amies viennent de nous annoncer avec champagne à l’appui qu’elles attendent un bébé ! Et je n’ai rien compris à ma réaction : je les ai détestées, elles et leur joie. Je me suis sentie exclue de leur bonheur. Incapable de le partager ! Je suis partie pleurer dans la salle de bain. Toute seule. Si seule ! Je n’ai pas le droit, moi à ce bonheur… j’ai avorté l’année dernière. Je croyais l’avoir bien vécu, malgré des cauchemars… vous croyez que ma réaction bizarre vient de là ? »

La façade de déni, de refoulement, se lézarde à mesure que le coeur et l’esprit aspirent à être guéris de leurs blessures et à se reconstruire.

Apaiser les conséquences de l’avortement