Le Syndrome post avortement

« Ne te détourne pas, par lâcheté, du désespoir. Traverse-le. C'est par-delà qu'il sied de retrouver motif d'espérance. Va droit. Passe outre. De l'autre côté du tunnel, tu retrouveras la lumière. »

Qu’est ce que le «Syndrome post avortement» ?

Les observations suivantes sont le fruit :

  • Du travail d’un nombre croissant de psychologues et psychiatres qui se sont penchés plus spécifiquement sur la problématique de l’avortement. (Cf. Liste d’ouvrages)
  • Des nombreuses rencontres téléphoniques vécues par nos écoutantes dans le cadre d’une écoute PRE- IVG ou POST-IVG.

Le « syndrome post avortement » prend son origine dans un déni permanent et dans un tel refoulement, une telle volonté de justifier ses pensées ou ses sentiments, que lesémotions sont niées.

Les symptômes du « syndrome post avortement » sont en quelque sorte des masques qui expriment et cachent les véritables difficultés qui agitent l’être humain au plus profond : culpabilité, deuil, remords, sentiment de perte…

L’état de stress post traumatique a pour caractéristique principale :
« le développement de symptômes typiques faisant suite à un événement psychologiquement traumatique, généralement hors du commun. »

En tant que traumatisme, l’avortement est revécu régulièrement sur une ou l’autre des formes suivantes :

  • Souvenirs répétitifs de l’événement,
  • Rêves répétitifs,
  • Impression : comme si l’événement traumatisant allait se reproduire,
  • Sentiment intense de détresse quand le sujet est exposé à des événements rappelant un aspect du traumatisme. Cf. Témoignage dans « Le Déni post IVG »,
  • Réduction du contact vis-à-vis du monde extérieur (isolement).

Le syndrome apparaît, non pas lors de l’avortement en tant que tel, mais plutôt dès le début de la réflexion qui aboutit à la décision d’avorter.

Une femme qui songe à avorter, doit changer son mode de pensée habituelle, en faisant appel au déni ou encore à l’autojustification, pour être en mesure de s’en tenir fermement à sa décision d’avorter.

« Tu comprends, dès que j’ai appris ma grossesse et devant la réaction de Pierre, je n’ai plus eu le choix : il fallait que j’arrête de penser. Je bloquais les émotions là ! (elle me montre sa gorge), il ne fallait pas que ça monte plus haut. Il ne fallait pas penser, pas imaginer, pas « gamberger », sinon j’aurais jamais pu avorter, tu penses en aimant les enfants comme je les aime ! »

Après avoir avorté, une femme doit ruser avec ces conséquences en adoptant des manières de penser et de vivre qui la protègent contre tout traumatisme émotionnel.

Exemples : Un féminisme soudain : « Je n’avais jamais voulu d’enfant de toute façon», consommation d’alcool, de drogue, mœurs légères. Ce sont là autant de moyens d’anesthésier une douleur secrète.

C’est précisément ce que l’on veut s’enlever de l’esprit qui  rend malade.

Toute mort peut entraîner le deuil, le remords, la culpabilité.

Mais, alors que la mort naturelle laisse la porte ouverte à une forme d’achèvement et de résolution, l’IVG met fin brusquement à ce qui était tout naturellement un début. C’est une rupture, provenant de l’extérieur, dans le cours normal des événements de la vie d’un individu.

« J’ai perdu un enfant à un an et mon mari et moi avons tellement souffert que notre couple a explosé. Ce que réclame mon compagnon aujourd’hui est épouvantable ! Il ne sait pas ce que c’est que de perdre un enfant : c’est atroce !  Alors, prendre moi-même la décision de le supprimer, c’est impensable ! Dans quel état je vais vivre le reste de ma vie, moi ?! »

Chaque fois que s’amorce un cycle naturel, comme par exemple une grossesse, et qu’il se trouve interrompu de façon brutale et non naturelle, un certain traumatisme peut en résulter.

  • Signe évident de détresse au-delà de la norme admise,
  • Sentiments et pensées refoulées ou difficultés à se concentrer,
  • Dépression, anxiété, irritabilité, cauchemar.

« Je ne voulais pas le faire. Ils m’ont poussée à le faire. Je ne voulais pas… »

De nombreuses femmes, peu importe leur âge, leur milieu où leur vie sexuelle, disent avoir subi un traumatisme en interrompant une grossesse.

Une part de leur humanité s’est sentie atteinte. C’est une partie de la vie propre de ces femmes qui est en cause.

En interrompant leur grossesse, elles disent avoir coupé quelque chose à l’intérieur d’elles-mêmes.

Le geste ne fut pas  anodin. Nous sommes devant la force de la vie, devant un processus de création, et cette création est d’abord physique.

Souvent le traumatisme peut être enfoui dans l’inconscient et ne jamais refaire surface dans la vie d’une femme.

Il y a souvent un prix à payer sur le plan psychologique :

  • Ce peut être un sentiment d’étrangeté au monde, un dégoût des affections humaines, voire un durcissement de l’instinct maternel.
  • Quand une femme interrompt sa grossesse, quelque chose se passe dans les couches les plus profondes de sa conscience.

Le déni post IVG
Symptômes liés au déni