Lorsque l'enfant ne parait pas

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Lorsque l’enfant ne paraît pas

Voici 25 ans que Mère de Miséricorde constate, chez certaines femmes ayant vécu un avortement, (spontané ou provoqué) une perturbation intime de l’être : un trouble au plus profond des processus psychiques, comme un sentiment de “déroute”, associé à un sentiment d’échec qui a besoin de s’extérioriser.

Aussi observons-nous qu’interrompre une grossesse n’est pas inscrire l’évènement sur une ‘ardoise magique’.
En effet, peut perdurer une trace indélébile dont la femme veut parler, pour peu qu’elle rencontre des personnes prêtes à accueillir ses émotions, ses souvenirs.
Il est important pour elle de faire mémoire, de comprendre et d’accueillir qu’il n’y a rien “d’effacé” : « Oui, c’est bien à moi que c’est arrivé ! »

Comment peut-on avancer l’idée saugrenue de forcer une femme à oublier ou à garder le silence ? L’expérience montre que cela ne fait que réactiver la blessure.

Par le silence imposé aux femmes, on continue à dire que l’enfant n’a pas existé.
C’est non seulement un mensonge, mais une absurdité scientifique, psychologique et spirituelle.

Témoignage d’une retraitante : « Après mon IVG, on m’a dit : Tu l’as voulue ? Tu l’as eue ! » J’ai senti qu’il ne fallait pas que je dérange avec ma souffrance. Il ne fallait pas que j’aie le « mauvais goût » de souffrir !

Cela va tellement loin que la femme ne se sent plus le droit de dire qu’elle souffre, sous peine d’être considérée comme une malade.
Or, il y a aujourd’hui une réelle nécessité de la laisser parler, car l’angoisse naît de ce que l’on tait, mais pas de ce que l’on dit. Écouter la femme se révèle donc essentiel, lui permettant d’exprimer ce qu’elle ressent.

Quand à l’IVG on voudrait en faire une opération “ni vue- ni connue” : on voudrait enlever la vie sans donner la mort. On veut faire de ces enfants “des riens”.
Alors que certaines femmes se disent comme amputées, un déni de leur souffrance est soigneusement entretenu.

Aussi faut-il écouter celles qui se sentent trahies par le discours médiatique, car le réveil post IVG est, de manière surprenante, douloureux !! Or, on ne les avait pas prévenues de ce risque !

Leur sentiment de culpabilité vient de cette trahison envers la fonction essentielle du féminin qu’est la vocation maternelle.

Ce n’est pas seulement la faute qui engendre la culpabilité, mais surtout le refoulement de cette faute, le refus de la reconnaître.
Nul n’a le pouvoir de rendre juste ce qui ne l’est pas. Il y a comme un sillon douloureux qui a du mal à se refermer.

Nous observons aussi que le temps n’est pas un facteur de cicatrisation de la blessure de la perte néonatale. Au mieux, il se fait le complice silencieux d’une tentative d’oubli, mais jamais il ne se comporte en agent de guérison.
Il n’aide pas à réaliser quelque chose de très difficile et compliqué, qui est de faire le deuil de ces enfants, car ils ont disparu avant que leur existence n’ait pu être reconnue.

L’ouverture de cette démarche aux pères semble aussi de plus en plus importante. Ils ne vivent pas les choses de la même façon que la femme. C’est primordial à comprendre, à accueillir, car le constat est le même : la perte d’un enfant dès le sein maternel peut être à l’origine de fissures dans la relation du couple, voire de séparations et/ou de divorces.

Enfin, pour nous, un des points essentiels est la dimension de consolation qui est tellement importante, puisqu’elle facilite la restauration de la dignité de la femme, en tant que mère ; de l’homme en tant que père.
Même si nous sommes bien conscients qu’il peut rester de l’inconsolable en elles, en eux… comme en chacun de nous.

Par notre présence et notre écoute respectueuse et bienveillante, nous désirons laisser le Seigneur restaurer la femme, l’homme dans l’intégralité de leur humanité, leur redonner la joie d’être debout, heureux et vivants !