L’icône de Mère de Miséricorde

L’icône de Mère de Miséricorde

Icone Mère de MiséricordeLes pères de l’Eglise en parlant de l’icône disent qu’elle est « le visible de l’invisible ». Dieu, personne ne l’a jamais vu, mais en son fils incarné, il s’est donné à voir, à toucher, à contempler. C’est pour cela qu’il est maintenant possible de peindre celui que l’œil ne pouvait voir auparavant. L’icône est donc une image de l’invisible. Elle traduit en lignes, courbes et couleurs, les grandes vérités de la Bible. Ainsi les yeux et le cœur de celui qui contemple une icône peuvent-ils fixer ce que ses oreilles ont entendu de la parole faite chair.

Au centre de l’icône se trouve donc la femme. En sa position de priante, la Vierge est celle qui loue et adore Dieu. Ici, l’Enfant-Dieu, le vie est dans son sein.

L’Enfant est représenté visiblement mais tout en étant dans le sein de Marie. De ses deux mains ouvertes Marie tout à la fois adore la Vie qui s’est incarnée en elle, mais aussi protège l’enfant, protège la vie menacée par la présence du serpent en bas à droite de l’icône. Elle nous le présente également. Marie, par son oui à l’Annonciation nous a ouvert le paradis qu’Eve avait fermé par sa désobéissance.

Ce geste des mains de Marie expriment aussi la joie et l’humilité du Magnificat. C’est en elles que nous pouvons déposer tout nos refus, toutes nos peurs d’accepter notre vie telle qu’elle est, comme un don de Dieu, afin que celle-ci habite notre existence.

Le visage de Marie est à la foi rempli d’une grande douceur, mais aussi d’une certaine gravité. Ce n’est pas un visage jubilant. Dans l’art byzantin le corps humain perd son aspect naturaliste ; si le monde antique était fasciné par la beauté du corps, ici la beauté ne se veut pas seulement dans l’harmonie des proportions des mouvements et des formes, elle est surtout participation à la vie concrète de Dieu.

Le visage est un des points centraux de la représentation car il est le lieu de la présence de l’esprit de Dieu, lieu de l’intelligence et de la sagesse : l’iconographie ne représente pas seulement le corps mais aussi l’âme. L’attention se porte sur le regard. Ici, le regard de la Vierge n’est pas dirigé vers nous, mais vers celui qui habite en elle. Elle contemple intérieurement un mystère, celui de la Vie incarnée. En revanche, l’Enfant-Dieu nous regarde. Les lèvres sont fines et fermées dans le silence de la contemplation. Point n’est besoin de paroles exprimées, dans le monde de la gloire, l’attitude est témoignage.

L’auréole symbolise la gloire de Dieu. Ici, elle est entourée de douze étoiles rouges foncées. Ces douze étoiles, présentes dans le texte de l’apocalypse et qui couronnent la Vierge Marie sont à la fois les douze tribus d’Israël et tout le peuple que Dieu s’est acquis, c’est à dire nous, qui croyons en Lui et avons accueilli sa Parole, son Verbe.

Nous sommes donc nous aussi partie intégrante de la gloire, de la couronne de la Vierge. Le rouge de l’auréole et des étoiles est le signe de l’alliance avec Dieu : le sang, c’est la vie qui coule à l’intérieur. Dieu se sert du sang pour bien faire comprendre que c’est la même vie qui coule de Dieu, le sang qui relie, le sang de l’alliance.

L’icône est toujours nommée, elle a un nom, ce sont les inscriptions qui encadrent la Vierge. Devant une icône, comme devant l’écriture, nous ne sommes pas devant quelque chose, mais en face de quelqu’un, en face d’un visage qui nous interpelle : « Je t’ai connu par ton nom ». Les inscriptions abrégées qui entourent le visage de la Vierge signifient « Marie mère de Dieu ». le mystère de la Vierge plus spécifique à cette icône est également écrit : « Mère de Miséricorde ». Dans l’auréole du Christ figurent aussi certaines lettres signifiant « Celui qui est », nom révélé par Dieu à Moïse lors de l’épisode du Buisson ardent.

Le vêtement de Marie lui couvre la tête et lui sert de manteau. Sa couleur pourpre symbolise la royauté. Marie est reine, et sa royauté lui est conférée par son titre de Mère de Dieu. Les plis de son manteau son abondants et déployés afin que tout homme puisse trouver refuge et protection en elle.