Mais, qu’est ce que la miséricorde ?

Qu’est ce que la miséricorde ?

La miséricorde, c’est cet amour insondable de Dieu, inimaginable dans la pensée humaine, qui est irrésistiblement attiré par la pauvreté, la faiblesse et le péché de l’homme, sa créature bien-aimée. De même que l’aimant est attiré par la ferraille, le cœur de Dieu est séduit par la beauté de l’être humain, même et surtout lorsque cette beauté est abîmée, cachée. Notre misère humaine suscite et éveille dans le cœur de notre Dieu une profonde compassion et une miséricorde infinie.

« Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu.» Mt 18, 14.

Ainsi Dieu s’émeut avec tendresse comme un père ou une mère à l’égard de leurs enfants.

La libération de la servitude en Égypte est le modèle de toutes les autres manifestations de la miséricorde de Dieu. En effet, la miséricorde et la compassion ne sont pas des états passifs où l’on subit la souffrance. Au contraire, elles sont une véritable dynamique engendrée par l’amour divin. Cette force venue du ciel console, écoute mais aussi redresse, rétablit, remet debout.

« La gloire de Dieu, c’est l’homme debout.» Saint Irénée

La miséricorde  n’ignore pas la gravité de la rupture due au péché, mais elle se traduit par la patience, la volonté ferme d’amener les humains à la conversion et de leur accorder son pardon. Seul le cœur endurci et rebelle peut limiter l’exercice de la miséricorde de Dieu. Lui seul, et rien d’autre, peut mettre Dieu en échec dans son désir de rejoindre l’homme

Jésus n’est pas venu pour les justes qui ne sentent aucun besoin de conversion, mais pour les pécheurs qui ont besoin de connaître la miséricorde de Dieu.

C’est parce que nous aurons été « miséricordié » (que nous aurons accueilli cette grande miséricorde du Seigneur pour nous) que nous pourrons à notre tour faire miséricorde. C’est parce que nous aurons accueilli cet amour infini de Dieu pour nous, que nous  serons en mesure petit à petit d’aimer l’autre, celui qui nous côtoyons, celui qui nous a blessé … C’est le Christ qui va nous apprendre au quotidien. Et plus nous reconnaîtrons notre pauvreté, notre misère et mieux nous pourrons accueillir la misère de l’autre, sa faiblesse.