Ambivalence chez la femme enceinte

Quand les sentiments s'opposent...

Ambivalence chez la femme enceinte

 

Ambivalence

 

 

 

 

 

Cet état est très fréquent ; il est dû essentiellement au bouleversement hormonal et psychique du début de grossesse. Il peut perturber considérablement le choix qui doit être fait.

« Je le veux, je le veux pas ! »

 

Il n’y a pas loin de l’amour à la haine 

« Je t’aime, je te hais », l’ambivalence effrayante et inévitable…

L’ambivalence est au coeur de notre quotidien, de chacun de nos sentiments, même lorsque nous sommes parfaitement équilibrés.

Un petit moment d’ambivalence peut devenir horriblement angoissant :

 

« Ariane, dont le bébé a un peu plus de 6 mois, n’en peut plus. Il hurle depuis plusieurs heures et elle ressent tout à coup une pulsion. Elle a envie de le jeter par la fenêtre ! Bien sûr, elle n’en fait rien, mais cette jeune maman est épouvantée par cette envie qu’elle a vraiment ressentie profondément et qu’elle ne peut pas ignorer. »

 

En début de grossesse, plusieurs femmes ont confié que leur confusion et leur ambivalence étaient attribuables à leur entourage qui voyait l’avortement comme la meilleure solution dans leur cas.

Alors, à l’extrême confusion intérieure qu’éprouve la femme s’ajoutent les pressions de l’entourage.

 Confusion

L’ambivalence  c’est quoi ?

Ce qu’il faut peut être utile de savoir :

Cet état émotionnel est caractérisé par la coexistence de deux sentiments opposés qui peuvent être notamment l’amour et la haine, le désir et le non désir.

Ces émotions révèlent l’alternance de sensations de plaisir et de déplaisir, de satisfaction et de frustration face à un même « objet », une même personne.

Cette simultanéité provoque une tension psychique.

 

« Pierre, 15 ans, se sent tout à coup détester sa mère. Il ne peut plus la supporter. Et c’est un calvaire pour lui. En effet, sa maman est en chimiothérapie pour un cancer du sein. Il se sent horrible de détester quelqu’un qui souffre et qu’il sait aimer. »

 

Ces moments de haine envers quelqu’un que l’on aime sont extrêmement pénibles. Car on a tout à coup l’impression de devenir un monstre, une personne sans coeur. La culpabilité est effrayante, parfois anéantissante.

on ne peut plus supporter notre enfant

 

 

« Et, le pire, c’est qu’il est impossible d’en parler à qui que ce soit. Dire qu’on hait sa mère malade, dire qu’on ne peut plus supporter son enfant, qui est capable d’entendre de tels sentiments ? »

 


Concrètement, la personne peut exprimer et nier une même opinion, adopter des attitudes contradictoires ou encore avoir des difficultés à choisir.

L’ambivalence est, en fait, un processus psychique normal et nécessaire pour clarifier sa propre « posture » (avis, décision, goût, choix de vie…)

 

Chez la femme enceinte 

Durant les premiers mois de la grossesse, d’une heure à l’autre, d’un jour à l’autre, il est normal que la femme enceinte puisse rejeter et accepter l’enfant ; l’écarter ou l’accueillir ; vouloir l’éliminer et désirer l’assumer.

Il est donc très important de savoir que toutes les femmes ont pu ressentir cela un jour ou l’autre, (quelques minutes, heures ou jours…) ou que chacune d’entre elles est susceptible de rencontrer ce genre d’ambivalence.

C’est parfaitement normal. Dans ces situations, nous ressentons une vive émotion.

Il est alors bon d’accueillir deux idées :

  • D’une part, quand on aime quelqu’un très fort, il est normal parfois de le détester très fort. Cela n’est pas un signe de maladie mentale, ni de monstruosité.
    Le savoir permet de relativiser la force des émotions.
  • D’autre part, il serait bon d’être capable de penser : « Je hais cette situation, je ne supporte pas les cris d’un enfant. «  et non  » je hais mon enfant « 

« Je déteste cette situation » et comprendre qu’il est parfaitement normal de se sentir mal dans des situations bouleversant nos repères.

Il est alors bénéfique de s’en ouvrir à quelqu’un qui aura la juste distance pour vous écouter sans interférer dans ces émotions paradoxales