Le jeûne à Mère de Miséricorde

Le jeûne à Mère de Miséricorde

Ce jeûne s’enracine dans la prière, car comme Jésus nous l’apprend, il est bien plus qu’une abstinence de nourriture. Jeûner, c’est montrer à Dieu nos vraies valeurs, c’est se passer d’une chose pour une autre encore meilleure, qui est l’intimité avec Dieu !

Dans notre monde actuel, le mot jeûne fait peur ou gêne, même pour les chrétiens, car il est tout de suite associé à la souffrance. Regardons ce que nous propose notre société : jeûner pour embellir sa peau, pour maigrir, pour retrouver la forme… (dans un but essentiellement tourné vers nous même !).

A Mère de Miséricorde, nous cherchons à vivre ce jeûne en ouverture à l’autre ; nous acceptons de nous laisser parfois déranger par une aigreur d’estomac ou une migraine bien supportable. C’est pour nous une occasion d’offrande libre et joyeuse, nous permettant de porter telle ou telle détresse.

Le jeûne n’est donc pas seulement d’ordre diététique ou thérapeutique. Celui que nous pratiquons à Mère de Miséricorde est d’ordre spirituel.

 

Le jeûne biblique est celui qui nous intéresse 

La Bible, qui fonde l’attitude de l’Eglise, nous précise le sens du jeûne. Nous savons que le jeûne est enseigné et pratiqué dans d’autres grandes religions telles que l’Islam, le Bouddhisme, l’Hindouisme…. mais un tel jeûne n’a rien à voir avec le jeune biblique. Les Pères de l’Eglise recommandent le jeûne, mais ils nous rappellent que celui-ci séparé de la prière et de la Miséricorde. C’est une œuvre de pénitence, de conversion et de partage.

 

Le sens du jeûne

L’ homme étant corps, âme et esprit il ne servirait à rien d’imaginer une religion purement spirituelle. Pour s’engager, l’âme a besoin des actes et des attitudes du corps. Jeûner, c’est s’établir avec foi dans une attitude d’humilité pour accueillir l’action de Dieu et se mettre en sa présence.

 

Les réalités que recouvre le jeûne

La Bible et l’Eglise nous enseignent que le jeûne a plusieurs réalités. Nous parlerons du jeûne de repentance ou de réparation, d’intercession et de deuil.

  • Le jeûne de repentance ou de réparation

C’est Dieu lui-même qui invite son peuple à jeûner pour faire repentance (cf Lv 23,27-29). Nous le vivons dans un esprit d’humilité et de contrition, sachant que nous sommes tous pécheurs et que nous manquons sans cesse à l’amour. Par ce manque d’amour, une femme a choisi d’avorter, parce qu’elle ne croyait plus que l’amour était possible.

A Mère de Miséricorde, quand la femme prend la décision de ne pas garder la vie qu ’elle porte en son sein, ceux qui ont prié et jeûné pour elle font une journée supplémentaire de jeûne en signe de repentance, de demande de pardon vis a vis de Dieu.

Ce jeûne de réparation est toujours lié à la mère, c’est un jeûne de suppléance comme seul Jésus peut le faire, alors que la femme a choisi la mort.

Qu’est-ce que la suppléance ? C’est Jésus qui fait Miséricorde alors que la femme n’y est pas encore ouverte, dans l’attente qu’un jour ou l’autre elle s’ouvre à cette vie et à cet Amour.

  • Le jeûne d’intercession

Il est une arme de combat et nous aide à retrouver la pureté du cœur.

  • Le jeûne de deuil 

Il est fréquent dans la Bible (1S31,13…). La pratique du jeûne ne va pas sans certains risques : risque de formalisme que dénonçaient déjà les prophètes (Jr 14,12), risque d’orgueil et d’ostentation si l’on jeûne « pour être vu des hommes ». le jeûne qui plait à Dieu est celui qui nous unit à lui, à notre prochain. C’est donc par amour pour Dieu que nous le vivons (Za 7,5). Il nous invite à le faire dans une grande discrétion. Ce jeûne sera la pure expression de notre espérance en Lui. (Mt 6,16).

 

Le pain et l’eau

C’est la forme adaptée à notre monde occidental. Son sens spirituel est de nous faire pressentir la faim et la soif de notre âme.

« Que le pain fortifie le cœur de l’homme ».
Ps 104,15

Le pain est un don de Dieu, une bénédiction traduisant l’abondance. L’homme doit demander humblement son pain à Dieu et l’attendre dans la confiance. Comme le pain est vital au corps, la parole est vitale pour l’âme.

Jésus nous dit :

« Je suis le Pain de Vie ».
Jn 6,35

C’est une invitation pour nous à nous diriger vers l’essentiel de notre vie : le Christ et la nourriture impérissable de sa parole. L’eau est vie pour le corps- L’esprit est vie pour l’âme. L’eau est également un élément vital, nécessaire à la vie de l’homme.

Elle est aussi l’effet et le signe de la bénédiction de Dieu envers ceux qui le servent fidèlement. Tout comme le pain, l’eau est le symbole de la vie et de l’Esprit.

 

Recette du pain de jeûne

Le jeûne au pain et à l’eau demandé par Mère de Miséricorde est exigeant, mais il est fait par amour ; la recette suivante peut aider à vivre cette journée particulière avec peut-être plus « d’intensité » :

  • pétrir la pâte nous remet devant les gestes simples mais si essentiels qui nous permettent de vivre ; combien de personnes dans le monde n’ont que cette pâte à pétrir comme unique nourriture ?
  • voir la levure gonfler, c’est magique ! Il suffit de peu de chose (un peu de levain) pour changer la simple farine en pain…
  • le parfum du pain qui cuit dans la maison peut sensibiliser notre entourage à ce que l’on a accepté de vivre ce jour-là, en communion avec les souffrances d’une femme dont on ne connaît que le prénom.  

Voici donc cette recette, à la portée de tous !

Ingrédients : 1kg de farine (type 55 ou aux céréales) 600 ml d’eau tiède un carré de levure acheté chez le boulanger ou deux sachets de levure en poudre une cuillère à soupe de sel.

  1. Dans un saladier, verser la farine ; y ajouter la levure préalablement diluée dans un peu d’eau tiède ; malaxer.
  2. Rajouter le reste de l’eau et le sel, pétrir pendant cinq minutes.
  3. Déposer la pâte dans un plat rond recouvert d’un papier sulfurisé. Mettre à cuire 40 minutes à four chaud, démouler immédiatement et déposer sur une grille.
  4. C’est prêt !

Bon appétit dans la joie d’offrir au Seigneur la personne pour qui l’on jeûne

 

La prière et le jeûne à Mère de Miséricorde

Le jeûne à Mère de Miséricorde est continu : huit à dix personnes environ jeûnent chacune une journée par semaine. Un roulement est prévu pour le jeûne du dimanche et pour remplacer occasionnellement les personnes empêchées de jeûner.

Le jeûne dans la prière se prolonge jusqu’à ce que la femme ait pris sa décision. Cela peut durer une à plusieurs semaines. Dans ce jeûne, nous entrons dans un combat pour la vie, contre toutes les formes de mort. Le jeûne du dimanche, qui n’est pas liturgique, est possible dans ce cadre. Le jeûne à Mère de Miséricorde est en effet un jeûne continu. Lorsqu’une femme hésite devant l’avortement, elle subit des pressions de toutes sortes, même le dimanche, alors ne l’abandonnons pas ce jour-là ! Quand nous prenons en charge une personne dans la prière et le jeûne, nous devenons solidaires de ce qu’elle vit et nous entrons dans un véritable enfantement spirituel, invisible certes, mais réel. Nous sommes sûrs qu’à un moment ou un autre, Dieu sera sur son chemin. Nous continuons à la porter dans la prière même après l’arrêt du jeûne.

 

Jeûner dans la joie

« Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre comme font les hypocrites… pour toi, quand tu jeûnes, parfumes ta tête et lave ton visage… ».
Mt 6,16-18

 C’est une invitation de la part de Jésus à vivre le jeûne dans la joie ! Si nous sommes invités à jeûner, c’est parce que nous avons, en toute liberté, accepté de le faire, alors vivons à fond notre jeûne avec toutes ses exigences. N’oublions pas que ce n’est pas l’héroïsme avec lequel nous jeûnons qui plaira à Dieu, mais l’Amour que nous y mettrons.

Ce jeûne pour la vie n’est pas un instrument d’ascèse personnel, mais bien un instrument au service de la Charité. Manger ou ne pas manger ne sont que des « moyens ». L’essentiel, c’est l’Amour !

« Jeûne donc de telle sorte que, un autre ayant mangé a ta place, tu te réjouisses comme si tu avais pris ton repas, afin que tes prières et les siennes soient exaucées. »
Saint Augustin

 

Pour devenir Jeûneur, il faut contacter la Mission Vie Ecoute la plus proche !