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Deuil périnatal : Accompagnement et moyens de se rétablir

Isabelle Basbous répond aux questions sur le processus du deuil périnatal et les moyens de se rétablir.

Comment accompagner les parents confrontés au deuil périnatal ?

L’accompagnement des parents dont la maternité et la paternité a été blessée est un accompagnement assez similaire à l’accompagnement d’un deuil, avec de surcroît la question de la blessure liée à la non possibilité d’accueillir la vie qu’il faut prendre en compte et donc des conséquences conscientes et inconscientes sur ces parents.

Comment se traduit souvent le ressenti des personnes face à l’évènement ?

Si les émotions diffèrent pour chaque être, il s’agit toujours de faire face à la tristesse et à la souffrance de la perte de vie, ce qui met chaque personne dans un ressenti bien particulier, celui de faire face à la « mort »biologique d’un petit être humain. La trajectoire psychique de deuil est unique pour chaque personne. Néanmoins, passer de « la mort à la vie » est un chemin de « ressuscité » où les ressentis vont suivre une palette de couleurs de plus en plus claires.

Quelles sont les voies qu’ils empruntent pour se reconstruire ?

Elles ont différents niveaux. Exprimer ce qui n’a encore pas pu être exprimé de cette histoire blessée du non-accueil de la vie. Donc pouvoir se reconnecter avec les émotions qui ont pu être enfouies inconsciemment et qui peuvent bloquer le processus de deuil. Passer de l’inconscient qui a refoulé au niveau conscient qui permettra de reprendre le fil de la vie. Donc relire cette histoire et la remettre dans leur vie, la repositionner par rapport au conjoint, aux enfants déjà nés dans la famille aussi, à la famille plus globalement. Apprendre à se pardonner et à pardonner à la vie cet événement, en travaillant dur l’éventuelle culpabilité qui peut prendre une place toxique.

Qu’aimeriez-vous vous dire aujourd’hui aux personnes qui traversent cette épreuve ?

Que c’est une épreuve très douloureuse et difficile, mais que dans le chemin de la vie, il faut garder espoir, nous ne connaissons pas tout du mystère des épreuves que nous subissons. Que quand chacun aura pu avancer dans cette dure traversée  de deuil, il pourra un jour se retourner et dire : cela m’a fait avancer et je vois maintenant la Lumière.

On sait qu’aujourd’hui l’avortement n’est pas considéré comme un deuil périnatal, que dire de la blessure qui en résulte chez bon nombre de femmes ?

Sur le plan psychique et émotionnel, qu’il s’agisse d’une fausse couche, d’un décès d’enfant mort-né, d’une IMG (interruption médicale de grossesse) ou d’une IVG (interruption volontaire de grossesse), les différents symptômes liés à la blessure liée à l’impossibilité d’accueillir la vie sont nombreux et sont à revisiter et « réparer ». Une partie de la société semble malheureusement de plus en plus banaliser l’avortement, c’est en fait toujours un deuil traumatique à surmonter.